Armes à sous-munitions russes au Mali, dérives en RDC, rupture au Sénégal… Les 5 infos qu’il ne fallait pas manquer

Publié aujourd’hui à 07h58
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Bonjour à toutes et à tous,

Bienvenue dans cette nouvelle édition du Brief de Jeune Afrique, votre newsletter hebdomadaire qui revient sur l’essentiel de l’actualité politique, économique et sécuritaire du continent.


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Voici le menu de la semaine :

  1. Au Mali, des indices d’une frappe impliquant des munitions interdites
  2. Des soupçons de dérives autour de la Force du progrès en RDC
  3. Au Sénégal, un technocrate nommé Premier ministre dans un contexte de rupture politique
  4. Une tentative présumée d’assassinat visant un opposant algérien en France
  5. Le Maroc s’impose comme leader industriel du continent

Bonne lecture !

1. Mali : des preuves inédites de l’usage d’armes à sous-munitions russes

Investigation. Une enquête de Jeune Afrique et Bellingcat révèle l’utilisation d’une bombe à sous-munitions lors d’un bombardement mené le 17 mai sur le hameau de Tadjmart, dans la région de Kidal. L’analyse de photos et de vidéos montre des restes d’explosifs RBK-500 ainsi que des sous-munitions ShOAB-0.5 non explosées.

Traçabilité. Les marquages visibles sur les débris indiquent une fabrication en 1981 dans une usine russe de la région de Nijni Novgorod. Selon plusieurs sources locales citées par Jeune Afrique, la bombe aurait été larguée depuis un bombardier russe Su-24M, seul appareil en activité au Mali capable de transporter ce type de munition.


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Violation. Les armes à sous-munitions sont interdites par la convention d’Oslo, ratifiée par le Mali mais pas par la Russie. Les Fama ont revendiqué des « frappes chirurgicales » dans la zone sans préciser la nature des armes utilisées.

2. En RDC, des jeunes militants de la Force du progrès accusés de dérives violentes au service du pouvoir

Gecko Beia devant le portrait du président Félix Tshisekedi, en mars 2023. Gecko Beia/Facebook © Gecko Beia/Facebook


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Enquête. À Kinshasa et dans plusieurs villes de RDC, les membres de la Force du progrès, structure informelle liée à la jeunesse de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), sont accusés de violences, d’intimidations et de perception illégale de taxes. Jeune Afrique a rencontré ces jeunes que l’opposition décrit comme une milice au service de Félix Tshisekedi.

Organisation. Née dans la galaxie militante de l’UDPS, la Force du progrès s’est structurée en « bases » autonomes, souvent dirigées par des figures locales. Certaines contrôlent des territoires urbains, avec des méthodes allant de l’intimidation à la gestion informelle d’activités économiques comme les parkings ou la collecte de contributions dans les quartiers.

Accusations. L’opposition accuse le pouvoir d’entretenir une « milice privée et partisane ». Les responsables de l’UDPS rejettent ces accusations et évoquent des « infiltrés » ou des dérives individuelles. Sur le terrain, certains membres revendiquent au contraire un rôle de maintien de l’ordre local et assurent ne pas être des « voyous, encore moins des milices ».

3. Ahmadou Al Aminou Lô, le technocrate sénégalais nommé Premier ministre

Le nouveau Premier ministre du Sénégal et successeur d'Ousmane Sonko, Ahmadou Al Aminou Lô.

Le nouveau Premier ministre du Sénégal et successeur d’Ousmane Sonko, Ahmadou Al Aminou Lô. © Primature du Sénégal

Nomination. Figure reconnue des milieux financiers ouest-africains, Ahmadou Al Aminou Lô a été nommé Premier ministre du Sénégal par Bassirou Diomaye Faye, en remplacement d’Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale.

Lourde tâche. Cette nomination porte à la primature un technocrate chargé des réformes économiques et des négociations avec le FMI au sujet de la dette, sur fond de rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, ouvrant une nouvelle phase de cohabitation institutionnelle au Sénégal.

Le bon élève ? Passé par la BCEAO, où il a passé près de quarante ans, Ahmadou Al Aminou Lô s’est imposé comme un spécialiste des questions monétaires et budgétaires. Défenseur de la stabilité macroéconomique et du franc CFA, il incarne une ligne davantage orientée vers la performance de l’action publique et la continuité des engagements économiques du pays, notamment dans le cadre du programme « Sénégal 2050 ».

4. Hichem Aboud, l’opposant algérien au cœur d’une enquête antiterroriste en France

Hichem Aboud, ici à Alger, en mai 2013, dans les locaux du quotidien "Mon Journal", qu’il dirigeait.

Hichem Aboud, ici à Alger, en mai 2013, dans les locaux du quotidien « Mon Journal », qu’il dirigeait. © FAROUK BATICHE/AFP

Tentative d’assassinat. Exilé en France et visé par un mandat d’arrêt international émis par un juge algérien, le journaliste et opposant Hichem Aboud a fait l’objet d’une tentative d’assassinat en février 2025 à Roubaix. Selon l’enquête, un commando composé de quatre hommes âgés de 19 à 22 ans aurait été chargé de le tuer contre une rémunération de 10 000 euros. Le groupe aurait repéré son domicile, mais la cible était absente au moment des faits. L’affaire a été révélée notamment grâce à l’exploitation de messages retrouvés sur l’application Signal dans le cadre d’une autre enquête. Elle est désormais suivie par la DGSI et le parquet national antiterroriste.

Piste politico-criminelle. Les autorités françaises cherchent à déterminer si cette tentative d’assassinat relève du grand banditisme ou d’une opération à motivation politique. À ce stade, aucun commanditaire n’a été formellement identifié. L’affaire s’inscrit dans un contexte plus large d’enquêtes visant Hichem Aboud et de précédentes menaces signalées à son encontre.

Condamnations. Ancien officier des services algériens devenu journaliste, Hichem Aboud s’est fait connaître pour ses critiques du pouvoir algérien et de l’institution militaire. Auteur de La Mafia des généraux, il a été condamné en Algérie pour « atteinte à l’unité nationale » et « atteinte à la sécurité nationale », et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international après une précédente condamnation, en 2023, pour diffamation et atteinte à la sécurité nationale.

5. Le Maroc devient la première puissance industrielle africaine devant l’Afrique du Sud

Vue du port de Tanger Med depuis un ferry qui effectue la traversée vers l'Europe.

Selon le dernier rapport de la Banque africaine de développement (BAD), « 41 des 54 pays africains ont amélioré leurs scores en matière d’industrialisation », et c’est désormais le Maroc qui est en tête du classement. Ici, au port de Tanger Med. © Xavier Malafosse/SIPA

Leadership. Selon le dernier indice d’industrialisation de la Banque africaine de développement (BAD), le Maroc devient en 2025 la première économie industrielle d’Afrique, devant l’Afrique du Sud qui occupait cette place depuis quinze ans. Le royaume devance également l’Égypte, la Tunisie et l’Algérie.

Montée en puissance. Depuis le lancement de ses stratégies sectorielles en 2005, le Maroc a développé plusieurs filières stratégiques. L’aéronautique s’est imposée comme un secteur clé avec plus de 150 entreprises implantées, parmi lesquelles Boeing, Airbus, Safran et Thales. Dans l’automobile, le royaume domine désormais la production africaine avec près de 500 000 véhicules produits en 2025, devant l’Afrique du Sud.

Limites. Le recul industriel sud-africain s’explique principalement par les difficultés structurelles d’Eskom et de Transnet. Les coupures d’électricité répétées et les dysfonctionnements logistiques ont affaibli la compétitivité manufacturière du pays. Et, malgré ses performances, le modèle marocain reste confronté à certaines critiques internes.

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