Au 30 juin 2026, le Cameroun connaît une croissance à 3,7% avec le FMI en ligne de mire pour 2027

Au cours du premier semestre 2026, l’économie camerounaise a été marquée par deux signaux de politique publique qui ont structuré la conjoncture nationale. La Caisse autonome d’amortissement (CAA), qui en fait cas dans sa note de conjoncture mensuelle de la dette publique à fin juin 2026, rappelle « le Débat d’orientation budgétaire (DOB), qui a fixé le cap budgétaire du triennat 2027-2029, et la tenue du Comité de politique monétaire de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) ».

A ce propos, le DOB a dessiné une feuille de route articulée autour de quatre priorités. Ce sont « la conclusion d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI), le maintien de la dette publique sur une trajectoire soutenable, un recours accru aux partenariats public-privé, et la poursuite des investissements dans les infrastructures structurantes et les secteurs productifs ».

Le cadrage macroéconomique table sur une croissance de 3,5% en 2026, puis 3,7% en 2027, tirée principalement par le secteur non pétrolier, dont la progression atteindrait 4,3% en 2027. Sur le front des prix, l’inflation moyenne sur douze mois s’est établie à 2,6% en juin 2026, contre 4,1% un an plus tôt, repassant ainsi sous le seuil communautaire de convergence communautaire fixé à 3%. Les projections tablent sur 3,2% en 2027, avant un ralentissement progressif à 2,8% en 2029, sous l’hypothèse d’une inflation mondiale contenue et d’une politique de substitution aux importations menée à bien.

Le besoin de financement demeure toutefois substantiel. La Loi de Finances 2026 maintient un besoin global de 3.197 milliards de FCFA (près de 5,5 milliards USD), soit environ 8,8% du Produit intérieur brut (PIB), couvert à hauteur de 67% par des ressources extérieures. La remontée des rendements internationaux invite désormais à un séquencement prudent de la composante externe du programme d’emprunt, tandis que l’assouplissement monétaire décidé par la BEAC renforce l’attractivité relative de la dette régionale libellée en FCFA.

Le Cameroun poursuit néanmoins sa stratégie d’endettement 2026-2028 sur les marchés internationaux. Après 474 milliards de FCFA (environ 815 millions USD) déjà mobilisés à l’extérieur, le gouvernement camerounais prévoit de contracter un prêt à composante environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) de 400 milliards de FCFA (environ 690 millions USD) avec l’appui de plusieurs partenaires financiers internationaux. Cette opération vise à diversifier les sources de financement, réduire le coût de la dette et élargir l’accès aux financements durables, via des mécanismes de garantie et de partage des risques.

Sur le commerce extérieur, le Cameroun pourrait bénéficier d’un accès renforcé au marché chinois, Pékin ayant décidé d’accorder une franchise de droits de douane à plusieurs filières d’exportation, notamment agricoles et halieutiques. Cette mesure devrait améliorer la compétitivité des produits camerounais, soutenir la diversification des exportations non pétrolières et accroître les recettes en devises.

La CAA indique par ailleurs que la sphère monétaire devrait connaître une expansion continue. En effet, la masse monétaire devrait progresser en moyenne de 9,8% sur 2027-2029, portée par une hausse de 8,1% des avoirs extérieurs et de 12,9% des crédits à l’économie, un signal de dynamisme du financement bancaire qui reste à confirmer dans les statistiques des prochains trimestres.

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