DÉCRYPTAGE – Les militaires au pouvoir tentent de reprendre la main après un violent raid des djihadistes contre la capitale malienne. Mais ils cachent mal leurs faiblesses face à des groupes armés de plus en plus puissants.
L’heure est à la reprise en main au Mali. Une dizaine de jours après la spectaculaire offensive djihadiste contre Bamako et quatre autres villes, la junte au pouvoir veut donner l’impression de contrôler la situation. Assimi Goïta, président de « transition » depuis le putsch de 2020, curieusement absent les jours suivants le raid, entend incarner un retour à la normale sans vraiment y parvenir. À peine enterré, le ministre de la Défense Sadio Camara, 47 ans, pilier du régime tué dans l’attaque de sa villa, a été remplacé par Goïta lui-même.
Une façon pour le président de renforcer ses pouvoirs, mais aussi la preuve d’une certaine inquiétude. « Il n’avait pas d’autre choix », souligne un analyste sécuritaire. Les vives tensions entre le président et son ministre étaient notoires, divisant les rangs de l’armée. La nomination d’un proche de Goïta au poste de son feu rival aurait donc été très mal perçue par une partie des militaires et aurait pu entraîner des fractures dans la junte
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