Le 25 avril, des attaques d’islamistes et d’indépendantistes touaregs ont éclaté au Mali contre les villes de Bamako, la capitale, Kati, Mopti, Sévaré, Gao et Kidal. Ces offensives sont remarquables autant par leur simultanéité que par la distance qui les sépare. De toute évidence, il ne s’agit pas tant d’une prise de contrôle du pays — la faiblesse des effectifs ne le permettant pas — que d’une démonstration de capacité de nuisance. À Kati, principale ville de garnison de l’armée malienne, à l’aube, jouant de l’effet de surprise, un attentat kamikaze tue le ministre de la Défense en détruisant sa maison. Puis des attaquants revêtus d’uniformes des forces légales pénètrent dans la ville sur des pick-up et des motos.
Le général Assimi Goïta, chef de la junte au Mali, a pris la fuite face aux attaquants. (Slmsahilman, CC BY-SA 4.0)
Le chef de la junte militaire au pouvoir, le général Assimi Goïta, prend la fuite. Néanmoins, si des combats éclatent, ils ne sont pas d’une forte intensité. Les 2500 mercenaires russes de l’Africa Corps sont d’ailleurs loin d’être combatifs. À Kidal, ville du nord à majorité touarègue, ils négocient même leur retrait et sont évacués sous l’escorte des indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA). Quand le général Goïta réapparaît en public, trois jours plus tard, c’est au côté de l’ambassadeur de Russie, qui promet le soutien de Moscou. Personne n’est dupe : l’armée malienne et ses alliés ont montré leur faiblesse. Si les rebelles ne restent pas dans les villes, sauf à Kidal, ils peuvent y entrer quand ils veulent. En outre, ils se déplacent librement dans la brousse, empêchant, et ce déjà depuis le 3 septembre 2025, le carburant et les vivres d’entrer dans la capitale. Encore une fois, limitant l’effusion de sang — on ne compte en effet que 23 morts —, mais faisant la démonstration de leur force et de leur discipline, les rebelles se mettent en position de négocier. C’est sans doute le plus délicat. Car, si le FLA touareg veut obtenir l’indépendance du nord, ses allié du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), les jihadistes, sont opposés à la sécession. Plus inquiétant encore, ces derniers veulent la soumission du pays à la charia, la loi islamique.
Le personnage de Iyad Ag Ghali
Pour mieux saisir cette situation, il faut connaître…
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