Dans certains pays d’Afrique de l’Ouest, la Tabaski, l’une des plus grandes fêtes du calendrier musulman, souligne les difficultés que les populations rencontrent au quotidien. La crise de liquidité en Guinée ou encore les coupures d’eau et de courant au Niger gâchent souvent les festivités.
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Dans les ateliers de couture comme dans les salons de coiffure, les employés subissent les coupures intempestives de courant depuis quelques mois. Chez Teranga couture, l’un des ateliers de couture les plus sollicités de la capitale, Conakry, les activités tournent au ralenti et la direction a du mal à honorer ses engagements. « On a de sérieuses difficultés à honorer les rendez-vous avec les clients à cause des coupures de courant. Les groupes électrogènes ne supportent pas la puissance des machines », explique Halimatou Barry Bah, la superviseure générale.
Au regard des « piles de bassins qu’il sera difficile de coudre avant la fête » et de la complexité des coutures, elle dit privilégier les tenues des imams et des enfants.
Explosion des prix
Au grand marché Niger du quartier des affaires de Conakry et ses nombreuses boutiques bien achalandées, les prix ont explosé. Aminatou Souaré, commerçante, et son client venu avec sa famille, sont en pleine discussion. « Les robes coûtent 400 000 francs CFA (600 euros), et les ensembles 800 000 francs CFA (1 200 euros) », indique la vendeuse au micro de notre correspondant à Conakry, Mouctar Bah. « C’est trop cher », rétorque le client, lui demandant si elle ne s’est pas trompée. « C’est le prix sur le marché actuellement », répond Aminatou Souaré, intransigeante.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient et le blocus du détroit d’Ormuz, elle est obligée de se fournir en Chine, ou encore en Turquie, « alors qu’auparavant la plupart des commerçants s’approvisionnaient à Dubaï », explique-t-elle. Une hausse des prix concerne tous les domaines, y compris celui des moutons.
Dans le nord-est du Niger, les coupures d’eau et d’électricité font grincer des dents
Au Niger, dans la région d’Agadez, dans le nord du pays, les célébrations se déroulent sur fond de coupures récurrentes d’eau et d’électricité alors que les températures dépassent les 40 degrés. « Sincèrement, les populations souffrent », souffle un habitant de la cité. « C’est une préoccupation générale », poursuit-il, non seulement dans la ville d’Agadez, « mais aussi dans d’autres zones de cette région. »
Une région qui a produit de l’uranium pendant plus de 50 ans. Comme à Arlit, par exemple, où la situation est similaire. Pour compenser la pénurie d’eau, beaucoup ont réalisé des forages, explique un habitant de cette ville. La veille des festivités, lui-même cherchait à se fournir en bidons d’eau en prévision des célébrations. Aucune analyse chimique ni radiologique n’a toutefois été réalisée pour évaluer la qualité de cette eau. « Mais on n’a pas le choix », se résigne-t-il. Le problème qui est, selon lui, accentué en saison chaude, demeure structurel.
Production insuffisante pour couvrir les besoins de toute la population, installations vieillissantes, notamment à la Société nigérienne du charbon (Sonichar)… Si un projet de centrale solaire hybride devait voir le jour, sa mise en œuvre a été mise entre parenthèses à la suite du coup d’État de juillet 2023.
Le gouverneur d’Agadez, général Ibra Boulama Issa, s’est rendu lundi 25 mai sur les installations des sociétés concernées, notamment la Société nigérienne d’électricité (Nigélec). Il a demandé de nouveaux forages et des solutions, pour que cette même situation ne se reproduise pas l’année prochaine.
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