Bassin de Longwy « Je déteste la solitude ! » : Dominique Mauvais, l’infatigable passeuse de liens, incontournable dans le paysage radiophonique
« Eh, “La Dom”, comment vas-tu aujourd’hui ? », alpague affectueusement un habitant, dans la rue. Et du tac au tac, Dominique Mauvais s’embarque dans un petit brin de causette. « Au fait, tu passeras bien le bonjour à ton épouse », s’exclame-t-elle.
La mémoire de la retraitée de l’Udaf (Union départementale des associations familiales) depuis mai 2020 ne lui fait jamais défaut quand il s’agit de déclamer un mot gentil. Comme le dit l’expression utilisée par Prosper Mérimée dans Lokis (1869), à Longwy, elle est « connue comme le loup blanc ».
« Je n’aimais pas ma voix mais j’ai dû m’y faire »
À 74 ans, Dominique Mauvais est la voix féminine de Radio Aria, une structure associative du Pays-Haut. « La petite sœur de la radio Lorraine Cœur d’Acier », qui a été imaginée en 1979 par la CGT, a fêté en 2024 ses 42 ans d’existence. Dominique Mauvais y travaille, depuis dix ans. Elle y présente les informations locales de 9 h 30 à 10 h 30 (sauf le samedi et le dimanche) dans une émission matinale : « Je me sens utile en me levant, tous les matins, pour informer les auditeurs. J’épluche la presse, je recherche ce qui pourrait leur plaire. C’est un moment agréable dans ma journée. J’ai la chance aussi de rencontrer des personnalités invitées par Patrice Zolfo, le chroniqueur. »
Pourtant, la septuagénaire a hésité à se lancer dans l’aventure parce qu’elle n’aimait pas son timbre de voix, trop aigu. « Je ne me reconnaissais pas quand je m’entendais. J’ai dû m’y faire », plaisante-t-elle. Désormais, la Longovicienne est incontournable dans le paysage radiophonique du territoire.
« Les plus belles années de ma vie »
« Cette petite célébrité, tu l’as méritée, Dominique », rétorque un client, dans le bar L’Appartement, place Darche, où la Longovicienne est assise, derrière une table allouée pour elle, tous les jours de la semaine. Infirmière de formation, elle a quitté Longwy, à 19 ans, pour s’installer en Belgique à Arlon, rue des Capucins. « J’ai tenu, pendant près de vingt ans, le bistrot Le Goethe avec mon compagnon. Les plus belles années de ma vie », se souvient la patronne. Pour elle, les bars sont des espaces de liens sociaux : « À mon âge, je déteste la solitude. Je retrouve, dans ces lieux, de la convivialité. » C’est aussi pour l’animatrice un moyen « derrière un petit caoua » de récolter de l’information pour alimenter sa rubrique à la radio.
De retour dans la cité longovicienne à 39 ans, Dominique Mauvais choisit de donner, cette fois, sa voix aux personnes en difficulté. La mère de famille consacrera son temps aux autres. Un sacerdoce qu’elle portera quand elle fut agente à l’Udaf (Union départementale des associations familiales) pendant seize ans, ou encore conseillère municipale au Cadre de vie à la mairie de Longwy, durant un mandat. Et enfin, elle accompagnera les plus vulnérables pour une association destinée aux sans-papiers : « À l’époque, j’avais les connaissances pour soutenir ceux qui en avaient le plus besoin. J’ai fait de mon mieux. »
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