Bénin. Romuald Wadagni élu président : “Il n’y aura pas de rupture, mais des ajustements” selon Régis Hounkpé

Le ministre des Finances devenu président Romuald Wadagni a été élu avec plus de 94 % des suffrages, confirmant une victoire écrasante à l’issue d’un scrutin sans véritable suspense. Il succède à Patrice Talon, au terme de deux mandats marqués par une forte croissance économique, mais aussi par des critiques sur les libertés publiques et une montée des défis sécuritaires dans le nord du pays. Décryptage de la politique que mènera le nouveau président béninois avec l’analyste géopolitique, Régis Hounkpè. 

Ecoutez Régis Hounkpè

Une continuité politique clairement assumée 

Pour l’analyste géopolitique Régis Hounkpè, la trajectoire du nouveau président est déjà lisible. «Il n’y aura pas de rupture, il a dit qu’il continuera la politique de Patrice Talon mais qu’il cherchera à la faire évoluer, à l’adapter, à l’optimiser». Selon lui, Romuald Wadagni s’inscrit dans une logique de continuité, tout en promettant d’ajuster certains paramètres du modèle hérité de la décennie précédente. «Il sera dans une logique de continuité, mais en regardant ce qui n’a pas marché pendant la décennie Talon», souligne-t-il. 

Gouvernance et libertés publiques : des inflexions attendues 

La présidence de Patrice Talon a été marquée par des réalisations économiques, mais aussi par des débats récurrents sur l’espace démocratique. Sur ce point, Régis Hounkpè note une évolution dans le discours du nouveau chef de l’État : «Lors de sa première intervention après son élection, il a reconnu qu’il y avait des choses à revoir sur la gouvernance et les libertés publiques».



Il rappelle toutefois que la dynamique politique reste largement héritée des dix dernières années : «La décennie Talon a été celle des grands travaux, mais les questions démocratiques ont parfois été mises de côté ». Le contexte électoral aurait néanmoins montré des signes d’ouverture relative : « On a vu l’adhésion d’une partie des forces de l’opposition, qui pendant dix ans ont été vent debout contre la politique de Patrice Talon »

Sécurité dans le nord : un défi structurel 

La situation sécuritaire dans le nord du Bénin constitue l’un des enjeux majeurs du nouveau mandat. Pour Régis Hounkpè, le futur président devra conjuguer moyens financiers et transformation des forces armées : « Il a bien fait remarquer qu’il saura aussi financer la sécurité »
Mais l’enjeu dépasse les ressources budgétaires : « Il faudra rééquiper les armées, les faire entrer dans une dimension de technologisation et mieux former les forces dans la lutte contre le terrorisme»

LIRE AUSSI ET ECOUTER : Présidentielle au Bénin : « Romuald Wadagni va s’émanciper de Patrice Talon, mais reste comptable de son bilan » selon le journaliste Moïse Dossoumou

Coopération régionale : une nécessité stratégique 

Au-delà de la réponse militaire interne, la coopération régionale apparaît indispensable dans un environnement sécuritaire fragile en Afrique de l’Ouest. Régis Hounkpè insiste sur la nécessité de relancer les relations diplomatiques avec certains voisins : « Il faudra reprendre attache avec ses voisins, notamment le Niger ». Et d’ajouter : «C’est une question de survie sécuritaire et même économique »

Une équation économique et sociale à résoudre 

Enfin, le nouveau président devra répondre à une attente sociale forte dans un pays où environ 30 % de la population vit encore dans la pauvreté. L’enjeu sera désormais de transformer la croissance en amélioration tangible du quotidien, dans un contexte où les attentes sociales restent élevées malgré les performances macroéconomiques.


Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.