La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a examiné, ce jeudi 2 juillet 2026, le dossier de deux individus poursuivis pour des faits présumés de séquestration, rapporte Bip Radio .
Parmi les prévenus figure l’ex-fiancé d’une jeune femme de 22 ans, un conducteur de zemidjan, ainsi que l’un de ses proches. Ils sont accusés d’avoir retenu la victime à la fin du mois de mai 2026 à Zakpota, dans le but de la contraindre à reprendre une relation amoureuse qu’elle avait rompue. Lors de l’audience, le principal prévenu a reconnu les faits, tandis que son coaccusé a clamé son innocence.
Devant la cour, la victime a expliqué avoir partagé la vie du principal accusé pendant quatre à cinq ans, une relation au cours de laquelle sa main avait été officiellement demandée à sa famille.
Estimant que cette union n’avait plus d’avenir, la jeune femme avait décidé d’y mettre un terme. Après un échec au baccalauréat, elle avait émis le souhait d’apprendre un métier, mais s’était heurtée au refus de ses parents, ces derniers estimant que l’accord de son fiancé était indispensable.
Ayant finalement obtenu l’autorisation parentale de s’installer à Cotonou comme ménagère, elle y a refait sa vie et entamé une nouvelle idylle. Au moment des faits, la jeune femme était enceinte de deux mois de son nouveau compagnon.
Le piège et le stratagème de la victime pour s’échapper
Le jour du drame, alors qu’elle revenait du village où elle venait de présenter son nouveau conjoint à sa famille, la victime a été interceptée sur la route par plusieurs individus, parmi lesquels elle a formellement identifié son ex-fiancé et un ami. Après avoir écarté son jeune frère qui l’accompagnait, les deux hommes l’ont conduite de force au domicile de l’ex-fiancé.
Retenue du dimanche au lundi, la victime a affirmé ne pas avoir subi de violences physiques. En revanche, ses ravisseurs ont exercé une forte pression psychologique pour la convaincre de revenir sur sa décision, allant jusqu’à lui proposer d’élever l’enfant à naître comme celui de son ex-fiancé.
Face à son refus et pour se sortir de ce piège, la jeune femme a feint de violentes douleurs au ventre afin d’être évacuée vers un centre de santé. Une fois à l’hôpital, elle a alerté le personnel soignant qui a immédiatement prévenu les forces de l’ordre, conduisant à l’interpellation des deux suspects.
À la barre, l’ex-fiancé a réitéré ses regrets et déclaré que son unique motivation était de reprendre la vie commune, refusant même l’offre de la famille de la victime qui proposait de lui rembourser les dépenses engagées durant leurs fiançailles. De son côté, la jeune femme a indiqué qu’elle ne réclamait aucune réparation financière.
La CRIET a profité des débats pour rappeler fermement que le mariage forcé et toute forme d’union sans consentement libre sont sévèrement réprimés par la législation béninoise. Les juges ont insisté sur le fait que le refus de la jeune femme devait être scrupuleusement respecté. La cour a maintenu les deux hommes sous mandat de dépôt et a renvoyé le dossier au 27 août 2026 pour les réquisitions du ministère public.
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