Burkina Faso : NAANA TECHNOLOGIE au coeur de la souveraineté technologique dans le secteur de la sécurité-défense
Présente aux premières Journées Scientifiques de la Police Nationale (JSPN 2026), NAANA TECHNOLOGIES n’est pas venue exposer de simples gadgets. L’entreprise burkinabè y a porté une vision : celle d’un Burkina Faso capable de construire et de financer sa propre autonomie technologique en défense et sécurité — un positionnement qui la distingue du rôle de simple fournisseur de matériel.
Il est difficile de parler de souveraineté, notamment en matière de défense et de sécurité, tant que l’on dépend de technologies étrangères. Le Président du Faso, le camarade capitaine Ibrahim Traoré, ne cesse d’ailleurs d’appeler les Burkinabè à développer des solutions endogènes dans un contexte ou plusieurs technologies critiques et stratégique sont encore importées.
Face à ce constat, beaucoup d’acteurs proposent des produits. NAANA TECHNOLOGIE SA, elle, a proposé un mécanisme. C’est la distinction fondamentale que Lionel Nikiéma, Project Manager de l’entreprise, a posée devant un parterre d’experts et d’officiers des FDS.
« L’autonomie technologique ne consiste pas d’abord à tout fabriquer systématiquement. Elle consiste à comprendre, adapter, maintenir, faire évoluer — et développer progressivement les briques critiques dont nous avons besoin », a dit Lionel Nikiéma, NAANA TECHNOLOGIE SA
Quatre piliers démontrés par l’exemple
La communication de NAANA TECHNOLOGIE SA a structuré l’autonomie technologique autour de quatre piliers : capital humain, recherche appliquée, intégration locale et vision stratégique. Chaque pilier a été illustré par des réalisations concrètes de l’entreprise — ce qui lui a conféré une crédibilité rare dans ce type de forum.
Sur le capital humain : plus de 500 agents des FDS formés — Gendarmerie, Police, Armée, GSP — en pilotage, maintenance et traitement de données. Des formations de formateurs, à effet multiplicateur.
Sur la recherche appliquée : un cycle R&D opérationnel — identification des besoins terrain, prototypage, tests, amélioration continue. Les solutions NIMIR (surveillance périmétrique autonome à énergie solaire), E-SECOURS (coordination des urgences civiles) et les dispositifs de largage adaptés aux drones des FDS en illustrent le fonctionnement réel.
Sur l’intégration locale : NAANA TECHNOLOGIE SA ne se contente pas d’assembler. Elle adapte. Le backpack anti-IED et anti-drone, conçu en coopération internationale mais ajusté aux contraintes du terrain burkinabè, incarne cette logique d’adaptation maîtrisée.
Des propositions pour structurer l’écosystème
C’est sur le quatrième pilier — la vision stratégique — que l’entreprise a livré sa contribution la plus ambitieuse, avec cinq propositions adressées directement aux décideurs présents.
La première : la création d’un Fonds National d’Innovation Défense et Sécurité, alimenté par un prélèvement de 0,5 à 1 % sur certaines importations technologiques. Logique : ceux qui entretiennent la dépendance participent au financement de la sortie de cette dépendance. Ce fonds financerait prototypages, tests opérationnels et incubateurs technologiques dédiés à la défense.
La deuxième : une réforme des appels d’offres. Passer de « acheter tel matériel » à « résoudre tel problème ». L’institution publique décrirait le besoin opérationnel — détecter un drone à cinq kilomètres, coordonner des urgences dans un rayon donné — et laisserait entreprises, universités et startups proposer la solution la plus adaptée. Ce changement transformerait les acteurs locaux de distributeurs en concepteurs.
Les trois autres propositions complètent ce cadre : création de démonstrateurs technologiques pour tester les solutions locales avec les FDS ; soutien structuré aux startups sur cinq à dix ans ; formation soutenue d’ingénieurs, techniciens et spécialistes en intelligence artificielle et électronique.
Les solutions en démonstration : de la vision aux prototypes
Au-delà du discours, NAANA TECHNOLOGIE SA a donné à voir, sur son stand d’exposition, des réalisations concrètes issues directement de ce cycle R&D. La vitrine principale : NIMIR, un système de surveillance périmétrique permanent présenté par Hassane Nana, gestionnaire de projet.
Déployable sur des sites sensibles ou des casernes, ce dispositif surveille en continu, 24h/24, et est capable de reconnaître des personnes, des véhicules et des objets volants grâce à une intelligence artificielle intégrée. Entièrement autonome sur le plan énergétique — il fonctionne à l’énergie solaire —, il peut monter jusqu’à 18 mètres d’altitude sur mât et couvrir un rayon allant d’un kilomètre avec les caméras standards, jusqu’à 5 à 10 kilomètres avec des équipements optiques renforcés.

L’entreprise a également présenté ses dispositifs de largage de munitions — obus, grenades, lacrymogènes — conçus pour s’adapter aux drones de surveillance déjà en service dans les FDS, sans nécessiter de remplacement du vecteur aérien existant. Plusieurs modèles ont été exposés, du largage simple à un système pouvant embarquer jusqu’à cinq munitions. Des drones kamikaze FPV pour cibles fixes et mobiles complètent ce volet défense. Ces innovations ne sont pas présentées comme des fins en soi, mais comme les preuves tangibles que le modèle d’autonomie technologique porté par NAANA TECHNOLOGIE SA produit déjà des résultats opérationnels.
Un acteur qui parle en architecte, pas en vendeur
Là où d’autres entreprises présentes à l’exposition ont mis en avant leurs produits, NAANA TECHNOLOGIE SA a choisi de mettre en avant un modèle — celui d’un écosystème national d’innovation défense, dont ses propres réalisations ne sont qu’une démonstration de faisabilité, pas une finalité.
La référence au cas Baykar en Turquie — passé de prototypes rudimentaires en 2006 à leader mondial de drones militaires en moins de quinze ans, grâce à un écosystème structuré — illustre les ambitions portées : non pas se substituer aux institutions, mais construire avec elles le terrain sur lequel les prochaines générations d’innovateurs burkinabè pourront prospérer.
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