Ces accidents ne sont pas réduits grâce à la technologie, comment faire ?

Les données actuelles font état de près de 400 décès annuels sur les routes européennes liés aux accidents à l’arrière de poids lourds, souvent provoqué par l’inattention ou la distraction des conducteurs lors de ralentissements.

Une action conjointe menée par l’association automobile allemande ADAC, le service britannique National Highways et l’organisme Euro NCAP a mis en lumière les limites des technologies d’aide à la conduite face à cette problématique.

Des systèmes inopérants

Les simulations réalisées révèlent qu’à une vitesse de 130 km/h, aucun des systèmes de freinage d’urgence automatique testés sur des modèles récents n’a été en mesure d’éviter l’impact avec un camion stationnaire, bien que certains dispositifs soient parvenus à réduire la vitesse avant le choc.

À des vitesses inférieures, les résultats se montrent plus probants pour certains véhicules, bien que les technologies plus anciennes peinent fréquemment à détecter les semi-remorques ou les camions tampons des chantiers autoroutiers. Bien qu’aucune marque n’ait été officiellement ciblée dans les conclusions de l’étude, les documents visuels publiés montrent une Tesla Model 3 soumise à ces tests.

L’extrême gravité de ces accidents s’explique par un phénomène d’encastrement : la voiture glisse sous la remorque, ce qui annule l’efficacité des zones de déformation du capot. Lors d’un essai d’impact à 56 km/h, les structures en acier du poids lourd ont directement percuté l’habitacle à hauteur des yeux, réduisant drastiquement les chances de survie des passagers.

Faut-il adapter les remorques ?

Pour pallier cette vulnérabilité structurelle, les experts préconisent l’adoption de dispositifs de protection renforcés à l’arrière des remorques. Les essais cliniques s’appuient notamment sur l’efficacité du système américain Toughguard.

Ce type de barres de protection, qui équipe déjà environ 70 % du parc de camions aux États-Unis sans y être formellement obligatoire, permet de retenir l’avant de la voiture et d’activer ainsi ses mécanismes de sécurité passive.

Devant ces constats, l’Euro NCAP et l’ADAC sollicitent une évolution de la législation européenne afin de rendre ces barres de protection obligatoires, tout en incitant les constructeurs et les gestionnaires de flottes à anticiper cette mesure pour préserver des vies humaines.

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