Claude Snow, défenseur des moins nantis, n’est plus

Claude Snow est décédé jeudi matin à 82 ans.

Natif d’Inkerman dans la Péninsule acadienne, il a lutté pendant des décennies pour les plus pauvres.

Ce travailleur social avait quitté en 1992 la fonction publique provinciale pour travailler en pratique privée.

Il a aussi agi pendant longtemps comme chef de file du Comité des 12 pour la justice sociale.

Son travail pour les moins nantis lui a même valu l’Ordre du Canada en 2018, la plus haute distinction honorifique au pays. Il avait reçu l’Ordre du Nouveau-Brunswick quatre ans plus tôt.

M. Snow est bien connu pour avoir transmis des milliers de correspondances aux autorités à Fredericton, plaidant ainsi pour des causes variées, telles que la santé, l’éducation et le logement.

Fréquemment sollicité par les médias, il se faisait le porte-parole de ceux qui n’avaient pas voix au chapitre. Que ce soit pour commenter des rapports comme celui du défenseur des enfants, des jeunes et des aînés du Nouveau-Brunswick qui dénonçait l’effondrement des programmes sociaux en 2024 ou pour mettre en lumière la pauvreté de certaines familles dans la péninsule acadienne lors de la crise du verglas en 2017.

Claude Snow a aussi écrit de nombreux ouvrages avec le Comité des 12 pour la Justice sociale. Comme Plaider pour la dignité en 2008, qui rend hommage aux avocats qui aident les plus démunis parfois impuissants devant les méandres bureaucratiques. Son plus récent ouvrage est sorti en 2024, Plus justes, plus humaines (Analyse des politiques sociales).

Un travail souvent fait gratuitement

Jean-Claude Basque, un autre militant pour la justice sociale et un ami de Claude Snow, le décrit comme un homme dévoué, courageux, passionné.

Ce qui le démarque, c’est qu’une bonne partie de son travail était faite gratuitement, explique-t-il, ému, au micro de l’émission La matinale au sujet du travailleur social décédé.

Jean-Claude Basque (Photo d’archives.)

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Jean-Claude Basque dit que Claude Snow n’a jamais refusé d’aider une personne, écrivant au passage des milliers de lettres pour obtenir des services et de l’aide pour les moins nantis.

Il a aidé directement. Il a œuvré aussi à essayer de faire comprendre aux élus la réalité des plus pauvres, ajoute-t-il.

Une grande influence dans le secteur communautaire

Y’a pas un deuxième Claude Snow. Je pense qu’il a influencé beaucoup de gens dans notre milieu, dit Martine Haché, directrice générale du Centre de bénévolat de la Péninsule Acadienne à Caraquet et travailleuse sociale dans le milieu communautaire depuis plus de 30 ans.

Martine Haché.

La directrice générale du Centre de Bénévolat de la Péninsule Acadienne, Martine Haché. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Mario Landry

La dernière fois qu’elle lui a parlé, c’était il y a un mois. Il lui annonçait que, pour des raisons de santé, il ne pourrait malheureusement pas assister à l’assemblée générale annuelle du centre.

Claude était à toutes nos AGA et il donnait toujours son petit point de vue. On a même souligné sa collaboration exceptionnelle en 2023, rapporte-t-elle, visiblement émue.

Il a toujours été un travailleur social engagé et très près du secteur communautaire. On le voyait régulièrement, il venait faire ses tours au centre presque mensuellement.

Elle se souvient de lui comme d’une personne qui réussissait à dire les vraies choses d’une façon réfléchie et très respectueuse.

Malgré son côté revendicateur, il le faisait toujours avec une grande politesse, un grand respect des gens. Mais il passait son message quand même!, se rappelle Martine Haché.

Un homme porte la main sur sa poitrine. Un micro est tendu vers lui.

Jean-Marie Nadeau, le 14 juin 2026 lors des états généraux de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, au Centre Maillet, à Edmundston.

Photo : Radio-Canada

Jean-Marie Nadeau, militant acadien de longue date, dit connaître Claude Snow depuis toujours. On s’est admirés mutuellement, on s’est beaucoup entraidés et je ne suis qu’admiratif devant ce grand serviteur des pauvres, explique-t-il.

M. Nadeau qualifie d’extraordinaire le travail de M. Snow avec le Comité des 12 et le front commun pour la justice sociale. Son décès va laisser un grand vide dans la Péninsule acadienne, selon lui.

Je ne vois personne qui peut prendre sa place. J’espère que quelqu’un va trouver cette vocation-là. Il n’aimerait pas que je dise ça, mais il s’est quasiment comporté comme un prêtre, avance-t-il.

Claude Snow, c’est le grand serviteur des pauvres dans l’histoire de l’Acadie. Il aimait les pauvres, il était entouré de pauvres, il défendait les pauvres dans toutes les injustices.

M. Nadeau tient à rappeler la gentillesse, la douceur et le côté rebelle de Claude Snow, qui lui était bien connu. Il souligne aussi que M. Snow a sorti une cinquantaine de livres sur la justice sociale et envoyé 10 000 lettres d’interventions auprès des différentes autorités.

David Coon qui répond aux questions de Karine Godin.

Le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

C’est en 2012, lors de son élection à la tête du Parti vert, que David Coon a fait la connaissance de Claude Snow. Au fil des années, leurs chemins se sont croisés régulièrement.

Ébranlé par sa disparition, David Coon a partagé sa tristesse en entrevue. Il était un homme très doux et d’une grande détermination de faire une différence, se souvient-il.

Il a changé la vie des gens sur le terrain, mais il m’a également changé en tant que personne. Un héros, en réalité.

David Coon se souvient d’un ardent défenseur des pauvres et des plus vulnérables qui offrait de nombreuses recommandations aux politiciens.

La ministre assise, écoutant la présentation.

La ministre Thériault est de la même région que Claude Snow. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

Originaire de la même région que Claude Snow, la ministre du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture du Nouveau-Brunswick, Isabelle Thériault, a d’abord entretenu une relation d’amitié avec lui. Par la suite, son parcours politique l’a amenée à le côtoyer en tant que militant pour la justice sociale.

C’était toujours plaisant quand il venait me rendre visite à mon bureau et j’en ressortais grandie, dit-elle.

La députée se rappelle ses visites annuelles à l’Assemblée législative, où M. Snow venait formuler des recommandations lors du dépôt d’un rapport, d’un projet de loi ou d’une modification législative.

C’est toutefois sa profonde humanité qui a le plus marqué Mme Thériault.

On perd un être exceptionnel. Il était tellement unique! Je ne connais personne comme lui.

Mme Thériault souligne le temps considérable qu’il a consacré à la défense des plus vulnérables et à l’avancement des politiques sociales, particulièrement dans le secteur du développement social.

C’est sûr que ça va laisser un vide, mais il nous a donné les outils, la persévérance nécessaire et de bons arguments pour être conscient que les politiques doivent être axées sur l’humain. C’est quelque chose qu’il répétait beaucoup, affirme-t-elle.

Avec des informations de l’émissionLa matinale

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