Depuis le 1er mai, la plupart des «opérateurs» du secteur touristique de la Péninsule acadienne perçoivent la taxe d’hébergement de 3,5%. Les arrêtés municipaux qui ont aujourd’hui force de loi impliquent toutes les catégories d’hébergement, mais l’une d’entre elles y échappe pour l’instant: les locations du type Airbnb.
La semaine dernière, le sujet est venu dans le fil des discussions alors que la Commission de services régionaux de la Péninsule acadienne (CSRPA) tenait sa réunion ordinaire mensuelle.
Selon le directeur du développement touristique de la CSRPA, Xavier Gauvin, on a compté récemment, dans la région, 285 locations disponibles via Airbnb.
Ces offres de toutes sortes, qui peuvent comprendre des maisons, des appartements, des chalets et autres, sont assujetties à la taxe d’hébergement, mais la compagnie Airbnb ne désire pas s’en occuper.
La première dirigeante de la CSRPA, Mélanie Thibodeau, a expliqué aux maires présents que le gouvernement provincial pourrait corriger le problème par une loi qui clarifie les obligations des sites tels Airbnb devant cette taxe «régionale».
«Une législation permettrait vraiment de faire appliquer le règlement, a déclaré Mme Thibodeau. Tout de suite, on fait beaucoup de pression auprès d’Airbnb, mais tant et aussi longtemps qu’il n’y a pas de législation pour faire avancer les choses, ce sera plus difficile.»
Une telle loi existe en Nouvelle-Écosse, voire ailleurs au pays, et tant que Fredericton n’aura pas fait de même, nulle région du N.-B. ne pourra imposer et percevoir de taxe touristique sur les Airbnb.
En d’autres mots, le statu quo prévaudra.
«Selon ma collègue de la région d’Halifax, a soutenu Xavier Gauvin, ça prend vraiment une législation provinciale pour forcer la main de ces grandes compagnies-là. Je leur ai envoyé notre arrêté, mais pour eux, ça n’a pas grand poids dans la balance. Ça va vraiment prendre une loi provinciale pour leur forcer la main.»
Fredericton peu empressé
Cependant, Fredericton lui-même ne semble pas pressé de légiférer pour aider les régions à taxer ce type particulier de location. Les revenus que la CSRPA prévoit en tirer seront investis dans des projets touristiques, sinon dans la promotion des attractions locales.
«Trois ans et demi passés, quand j’ai commencé, a ajouté M. Gauvin, la province du N.-B. nous disait: « On attend de voir ce que la N.-É. fait avant de se pencher sur la question ».»
Comme la Nouvelle-Écosse a maintenant sa loi, il pourrait en aller de même au N.-B., mais à Fredericton, nul ne semble vouloir hâter les choses.
«C’est pour ça que j’ai commencé à les talonner (la province).», a repris le directeur du développement touristique de la Péninsule acadienne.
On estime que les 3,5% perçus par les «opérateurs» réguliers de la Péninsule acadienne pourraient rapporter un demi-million $ annuellement, un chiffre qui n’inclut pas les locations du genre Airbnb.
Dans l’intention de «faire avancer le dossier de législation», la première dirigeante, Mélanie Thibodeau, a demandé aux maires de la Péninsule acadienne d’adresser une lettre au gouvernement provincial. L’idée a été approuvée.
Il faut «mettre un peu de pression», a-t-elle ajouté, parce qu’aucune somme perçue par Airbnb ne retourne à l’heure actuelle aux entités régionales.
La Péninsule acadienne, pionnière au N.-B.
Xavier Gauvin, le directeur du développement touristique de la CSRPA, a expliqué à l’Acadie Nouvelle, la semaine dernière, que la Péninsule acadienne était un cas particulier en ce qui a trait à la taxe d’hébergement.
«Dans les régions de Moncton et Edmundston (en guise d’exemple), la redevance sur l’hébergement est strictement pour les grands hôtels, a-t-il constaté. Nous, on l’a fait pour inclure, tel que recommandé les opérateurs touristiques, tous les types d’hébergements.»
«Donc nous, de 1 à 300 unités, tout est inclus.»
Une heure plus tôt, dans le cours de la réunion, M. Gauvin avait expliqué qu’une future législation provinciale pourrait partir du principe qu’il existe douze commissions de services régionaux au N.-B. Ce serait là, à son avis, «un petit nombre à gérer pour Airbnb».
Devant la CSRPA, il a affirmé qu’au cours d’une récente rencontre de calibre provinciale, qui réunissait «Fredericton, Moncton, Saint-Jean et tous les grands centres», l’appui à l’initiative de la Péninsule acadienne, qui demande la création d’une loi, avait été général.
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