Condamnations pour crime de guerre en RD Congo dans l’affaire du meurtre des experts de l’ONU

La Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo, siégeant à Kinshasa, la capitale, a condamné en appel le colonel de l’armée congolaise Jean de Dieu Mambweni pour le crime de guerre de meurtre, pour avoir orchestré les assassinats de Zaida Catalán et Michael J. Sharp. Ces deux experts des Nations Unies ont été enlevés et exécutés en mars 2017, alors qu’ils enquêtaient sur des massacres dans la province du Kasaï‑Central.

Le verdict, annoncé le 5 juin, met fin à un chapitre judiciaire entamé il y a neuf ans devant un tribunal militaire à Kananga, dans la province du Kasaï Central. Human Rights Watch a examiné une vidéo enregistrée du jugement. 

La condamnation de Mambweni marque la première fois qu’un tribunal reconnaît la responsabilité d’un officier supérieur dans la planification des meurtres. En 2022, Mambweni avait été condamné à dix ans de prison pour « non‑assistance à personnes en danger et désobéissance aux ordres ».

Dans la décision finale rendue en appel, Mambweni et 53 membres de la milice Kamuina Nsapu ont été condamnés à mort pour leur rôle présumé dans les meurtres. Vingt‑sept accusés étaient présents au procès, vingt‑deux ont été condamnés par contumace et cinq étaient décédés.

Bien que la RD Congo n’ait procédé à aucune exécution depuis 2003, le moratoire de facto a été levé en 2024. Human Rights Watch s’oppose à la peine capitale en toutes circonstances, en raison de sa cruauté et de son caractère irréversible. 

Les familles de Zaida Catalán, de nationalité suédoise, et de Michael Sharp, de nationalité américaine, ont déclaré à Human Rights Watch qu’elles étaient encouragées par la décision du tribunal, tout en s’opposant fermement à la peine de mort et en soulignant la nécessité de poursuivre l’enquête plus haut dans la chaîne de commandement.

« Ce qui manque encore, c’est l’arrestation et la poursuite de ceux qui se trouvent plus haut dans la chaîne de commandement », a déclaré John Sharp, le père de Michael. « Nous croyons que le colonel Mambweni n’aurait pas pu organiser un tel crime de sa propre autorité. »

Des questions subsistent aussi concernant le sort de l’interprète congolais et des conducteurs de motos qui accompagnaient Michael Sharp et Zaida Catalán, et qui sont toujours portés disparus.

Afin que justice soit pleinement rendue, les autorités devraient poursuivre leur enquête pour que toutes les personnes impliquées soient tenues responsables, quel que soit leur rang, et pour révéler ce qui est arrivé à celles qui sont portées disparues.

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