Aujourd’hui, plus d’un tiers des pays dans le monde ne sont autosuffisants que pour un ou deux des sept groupes alimentaires essentiels (fruits, légumes, féculents, protéines végétales, viande, poisson et produits laitiers). Une seule nation atteint l’autosuffisance complète : le Guyana (voir l’encadré ci-dessous). Ce constat mondial éclaire un enjeu crucial pour la Guadeloupe : celui de (re)conquérir sa souveraineté alimentaire.
En effet, la Guadeloupe fait face à une dépendance alimentaire élevée (80 % environ), avec une part importante de produits importés dans l’alimentation quotidienne. Cette situation s’accompagne d’une évolution des habitudes alimentaires, marquée par une consommation accrue de produits transformés, souvent particulièrement riches en sucres et en graisses. Parallèlement, une alimentation traditionnelle, plus équilibrée et ancrée dans le territoire, tend à reculer. Cette transformation des modes de consommation participe à un cercle préoccupant où se conjuguent vie chère, vulnérabilité face aux crises internationales – qu’elles soient sanitaires ou géopolitiques – et exposition aux aléas climatiques.
Développer l’autonomie alimentaire, c’est avant tout renforcer la capacité de notre territoire à faire face aux chocs extérieurs. Dans un contexte marqué par l’inflation mondiale, les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et le dérèglement climatique, la consolidation d’une production locale apparaît comme une nécessité. Elle constitue un levier essentiel pour sécuriser l’accès à l’alimentation et limiter la dépendance aux importations.
En Guadeloupe, les maladies chroniques comme le diabète, l’hypertension ou l’obésité sont étroitement liées aux habitudes alimentaires. Dans ce contexte, promouvoir une alimentation locale, fraîche et de saison, ne relève pas uniquement d’un choix agricole : il s’agit d’un enjeu de santé publique.
Dans ce contexte, la collectivité départementale, premier propriétaire foncier et acteur de l’aménagement du territoire, déploie un programme ambitieux à moyen et long terme pour structurer les filières agricoles et soutenir la production locale.
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