Contrôle continu, manque de profs, niveau fragile : pourquoi seulement un collégien sur deux a eu son brevet cette année en Guyane
Cette chute importante interroge. Cette année, seuls 50,6 % des collégiens qui passaient le brevet l’ont obtenu. Ce qui représente une baisse de 21 points par rapport à 2025. La Guyane se situe bien en dessous de la moyenne nationale, établie à 81,6 %. Pour l’expliquer, les acteurs de l’éducation pointent à la fois une modification des modalités d’évaluation et des difficultés structurelles persistantes sur le territoire.
Un changement dans le contrôle continu
Pour Didier Cauret, directeur académique adjoint des services de l’Éducation nationale, cette baisse s’explique en grande partie par la nouvelle prise en compte du contrôle continu dans l’examen. « Cette baisse globale s’explique surtout par la modification de l’évaluation du contrôle continu. L’année dernière, on était sur l’évaluation du socle commun de connaissances et de compétences. Cette année, il s’agit d’un contrôle continu fondé sur la compilation des moyennes obtenues par les élèves dans les différentes disciplines depuis le début de l’année. »
Selon lui, ce changement a également eu des conséquences dans l’Hexagone, même si la baisse y a été moins marquée. « Ce changement s’est aussi fait sentir dans l’Hexagone. On a eu aussi des baisses, peut-être pas aussi importantes, mais on a eu un certain nombre de baisses. »
Des fragilités propres à la Guyane
De son côté, Emmanuel Octavie, secrétaire général du SE-UNSA, insiste sur les difficultés de fond auxquelles fait face l’école en Guyane : plurilinguisme, manque de remplaçants, isolement de certains territoires et niveau fragile d’une partie des élèves dès l’entrée au collège. « Nous avons des problèmes de plurilinguisme, des difficultés avec le remplacement, qui est très dégradé en Guyane, ainsi que l’isolement de certains territoires. Plus de 60 % de nos élèves rentrent en 6e sans maîtriser les compétences attendues en lecture. »
Face à ce constat, il appelle à renforcer l’accompagnement des élèves. « Il faut mettre en place des groupes à effectifs réduits, des dispositifs de soutien pour préparer à ces nouvelles épreuves, et baisser le nombre d’élèves par classe. »
Un écart important avec le niveau national
Avec 50,6 % de réussite, la Guyane reste très en retrait par rapport à la moyenne nationale (81,6 %). Un écart qui met en lumière les défis éducatifs du territoire, dans un contexte déjà marqué par de fortes inégalités d’accès aux apprentissages.
Crédit: Lien source