Réclamé par la filière pêche, le CAP Maritime peine à séduire les futurs professionnels

Ses gestes pourraient presque passer pour ceux d’un professionnel. A 18 ans, Madson vient de terminer sa formation de matelot au Lycée Agricole de Matiti. « Mon père est pêcheur, j’ai grandi avec ça. C’est lui qui m’a guidé. J’ai grandi dans ce milieu-là. J’ai préféré aussi passer par l’école. Il y a des trucs que mes parents ne peuvent pas m’apprendre, comme la cartographie, tracer un cap, savoir lire une carte… »

Passionné de pêche, Madson incarne la nouvelle génération d’armateurs guyanais. Un rêve qu’il caresse depuis longtemps. Geovani est, lui aussi, membre de la première promotion du CAP Maritime de Guyane. Lui vise une carrière militaire.

De nombreux abandons en cours de route

Au lancement de la formation, ils étaient onze, engagés pour des cours théoriques et l’apprentissage pratique du métier de marin. Deux ans après, les chiffres sont cruels : seuls cinq sont allés jusqu’au bout du cursus.

A la rentrée 2026, un bateau école viendra compléter le matériel pédagogique de ce CAP Maritime. Un investissement pour lequel, plus de 500 000 euros ont été investis. « La partie théorique est quand même importante, rappelle Emmanuelle Leroux, proviseure adjointe du lycée de Matiti. Il faut dire aux jeunes qu’il faut aussi qu’ils aient de solides bases en mathématiques et en français pour pouvoir faire correctement ces deux années et obtenir le CAP et le brevet de navigation. » Les jeunes ont, en effet, boudé les matières générales durant deux ans.

Résultat, Il n’y a pas eu de CAP : seul le CMP, le Certificat Matelot Pont, pour la pratique, est validé par cette promotion.

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