Dans le Calvados, ils cherchent désespérément des repreneurs pour leur boucherie-charcuterie

« Il y a 13 ans que nous sommes là. Nous allons attaquer la 14e année le 1er juillet, mais nous n’allons pas la finir. » Edgar et Dominique Aumont ont prévenu tout le monde : s’ils ne trouvent pas de repreneurs, leur boucherie-charcuterie située dans le bourg de Fervaques (Calvados) fermera définitivement le 30 septembre 2026.

« Sauf s’il y a un candidat, et qu’il faut continuer le temps de faire les papiers, etc, précise le boucher-charcutier. Sinon, nous baisserons le rideau, et il ne remontera pas. »

Ils cherchent depuis 4 ans

Le couple a décidé de prendre une retraite bien méritée. À 64 ans, Edgar Aumont veut mettre un point final à une carrière commencée dès l’âge de 15 ans, et qui l’a vu passer à Vimoutiers, Livarot, Gacé, Broglie et Bernay :

« J’ai une petite-fille qui a 3 mois, je veux en profiter. »

Edgar Aumont

Ancienne secrétaire et auxiliaire de vie, Dominique Aumont a rejoint son mari à la boucherie lorsque le couple s’est installé à Fervaques : « Je prépare les crudités, les plats cuisinés, et je gère l’administratif, sourit-elle. Je devais être à la retraite le 1er mai, j’ai reculé au 1er octobre, mais je ne reculerai plus. »

Un commerce qui tourne bien

Il faut dire que les Aumont ont été bien patients. Cela fait maintenant 4 ans qu’ils attendent désespérément leurs successeurs. Il y a bien eu quelques touches, et « on y a cru deux fois ». Mais cela n’a jamais abouti : « Il ne faut jamais s’enflammer, tant que ce n’est pas signé », a appris Dominique Aumont.

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C’est d’autant plus rageant que leur commerce « marche bien » :

« Ce n’est pas une affaire qui boite, elle est fiable. Nous faisons entre 340 000 et 350 000 € de chiffre d’affaires. Il faut travailler, faire de bons produits, et il n’y a pas de raison que ça ne marche pas. Nous sommes prêts à faire un geste sur le prix du fonds. Mais pour ça, il faut avoir un candidat. »

Edgar Aumont

Leur boucherie-charcuterie réunit une clientèle fidèle, venue de Fervaques, des autres communes déléguées de Livarot-Pays-d’Auge, et même « une grosse clientèle de Parisiens » de passage dans le coin.

Des inquiétudes pour la vie du bourg

Le couple s’inquiète pour la vie du bourg : « Nous sommes tous tributaires les uns des autres, constate Edgar. Il y a une boulangerie, une épicerie, un tabac, une pharmacie, une coiffeuse… Nous avons été 6 mois sans boulangerie, et nous avons eu une baisse de notre chiffre d’affaires. Le mardi, mercredi et jeudi, on ne voyait presque plus personne. On revoyait un peu de monde à partir du vendredi, les gens venaient par solidarité, parce qu’ils nous connaissent bien. C’était compliqué. »

Leur boucherie se trouve juste en face de la boulangerie :

« Il y a d’excellents boulangers. Rien que pour eux, ça nous embête de fermer. »

Dominique Aumont

Quentin Perthuis, le boulanger installé depuis novembre, confirme l’importance de ses voisins : « Ils nous ramènent du monde. Quand les gens vont acheter de la viande, ils viennent chercher du pain. »

Consciente du problème, la municipalité de Livarot-Pays-d’Auge s’est emparée du dossier, et a contacté des journalistes pour mettre cette situation en lumière. Le sujet a été traité dans plusieurs médias locaux et même nationaux ces derniers jours : « Si ça ne donne rien, à mon avis, c’est mort, soupire Edgar. Cela ne peut pas être plus médiatisé, mais pour l’instant… »

8, route de Saint-Martin-de-Bienfaite à Fervaques, Livarot-Pays-d’Auge. Contact : 02 31 32 30 17.

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