Disparu de La Douze en Dordogne. « Tuer un homme pour un terrain ? Cette seule idée me donne envie de vomir », la compagne de Didier Seignole au moment des faits sort du silence
Dominique Besse, aujourd’hui âgée de 62 ans, en avait 30 quand le biologiste de 29 ans dont elle partageait la vie depuis huit ans s’est volatilisé en rentrant chez ses parents après un entraînement de football. « À l’époque, nous n’habitions pas complètement ensemble. Didier faisait…
Dominique Besse, aujourd’hui âgée de 62 ans, en avait 30 quand le biologiste de 29 ans dont elle partageait la vie depuis huit ans s’est volatilisé en rentrant chez ses parents après un entraînement de football. « À l’époque, nous n’habitions pas complètement ensemble. Didier faisait des allers-retours entre Brive, où mes études de professeur des écoles m’avait conduite, et La Douze, pour donner un coup de main à ses parents à la ferme. En plaisantant, il disait qu’il était sans domicile fixe », raconte la sexagénaire en esquissant au bout du fil ce que l’on devine être un sourire.
Le 27 janvier 1994, la jeune femme était dans son appartement, à Brive, où Didier était censé la rejoindre pour le week-end. « J’ai appris sa disparition le 28 janvier au matin. Mme Seignole m’a appelée pour me dire que son fils n’était pas rentré après sa séance de foot. Je lui ai demandé si elle avait appelé l’hôpital et elle m’a répondu que c’était malheureusement déjà fait », se remémore Dominique Besse d’une voix fébrile.
Les heures, les jours et les semaines suivantes ne seront qu’un enchaînement de mauvaises nouvelles et d’espoirs déçus. « J’ai été entendue par les gendarmes qui m’ont posé tout un tas de questions, y compris très intimes, enchaîne l’intéressée. Vraiment, je ne comprenais pas ce qui avait pu arriver à Didier cette nuit-là, mais j’étais sûre d’une chose, c’est qu’il n’était pas parti volontairement. »
Il mettait une vitesse dans sa voiture
Au-delà de la personne de Didier, « qu’elle savait trop attachée à ses parents pour leur faire ça », un détail matériel a eu tôt fait de l’en convaincre : la présence du frein à main tiré vers le haut dans la voiture. « Didier ne l’utilisait jamais car un garagiste lui avait dit que ça pouvait abîmer la voiture. Il mettait une vitesse à la place, même dans mon véhicule. C’est comme ça que je me suis retrouvée à caler plusieurs fois. »
Dominique Besse s’enfoncera peu à peu dans la dépression. « Je ne sortais plus, je ne mangeais plus. Je tressaillais au moindre coup de fil en imaginant le pire. » La vie finira par reprendre son cours. « J’ai rencontré quelqu’un d’autre. Je me suis mariée et j’ai eu mes deux filles », retrace l’intéressée qui n’a jamais tourné totalement la page. « C’est toujours dans un coin de ma tête. À chaque fois qu’un article sort dans la presse, je sens mon estomac se nouer et mes pieds se dérober. »
“Abasourdie” par la triste réalité
Le sujet n’a jamais été tabou. « C’est la première chose dont j’ai parlé à mon compagnon quand je l’ai rencontré. Je n’aurais pas pu garder ça pour moi seule », confesse l’ancienne petite amie dont les contacts avec la famille Seignole se sont espacés avec le temps.
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