Crédit photo, Reuters
Published
Temps de lecture: 5 min
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé le lancement d’un essai clinique portant sur des traitements potentiels contre la souche du virus à l’origine de l’épidémie mortelle d’Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo.
Le premier patient a été recruté en RD Congo, a déclaré jeudi le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Selon l’OMS, plus de 1 400 cas et 438 décès ont été confirmés dans le pays.
Il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement approuvé contre la souche « Bundibugyo » du virus, qui est hautement contagieuse.
L’essai actuel est parrainé par l’OMS et coordonné par des scientifiques de l’Institut national de recherche biomédicale en République démocratique du Congo, de l’Institut de médecine tropicale en Belgique et de l’Université d’Oxford au Royaume-Uni.
Les patients seront testés avec deux médicaments antiviraux.
S’adressant aux journalistes depuis le siège de l’OMS à Genève jeudi, Tedros a déclaré : « même sans traitements homologués, des personnes guérissent de cette maladie, mais bien sûr, nous pourrions sauver beaucoup plus de vies grâce à des traitements sûrs et efficaces dont nous disposons. »
Le ministre de la Santé de la RDC, Dr Samuel Roger Kamba, a souligné que ce lancement « représente un pas en avant significatif, offrant un espoir renouvelé aux patients, à leurs familles et aux communautés touchées ».
Crédit photo, EPA
L’épidémie actuelle d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a débuté en mai et a été déclarée urgence de santé publique par l’OMS.
Selon les données de l’OMS, au 30 juin, la RDC comptait 1 406 cas confirmés, 301 cas suspects et 438 décès.
Au 1er juillet, on recensait également 20 cas confirmés en Ouganda, ayant entraîné deux décès, et un cas confirmé en France.
Cette maladie est causée par un virus qui attaque le système immunitaire et les organes.
Elle infecte généralement les animaux, le plus souvent les chauves-souris frugivores, mais des épidémies chez l’humain peuvent parfois survenir lorsque des personnes manipulent des animaux infectés. La transmission se fait par les fluides corporels comme le sang.
Les autorités sanitaires congolaises ont révélé que l’épidémie est actuellement limitée à trois provinces de l’est du pays : le Sud-Kivu, le Nord-Kivu et l’Ituri.
Cependant, les agences de presse Reuters et AFP rapportent que le corps d’une femme enceinte, testé positif au virus Ebola, a été retrouvé dans la province voisine de Tshopo. La femme serait décédée à Ituri, avant que son corps ne soit transporté par moto jusqu’à Kisangani, la principale ville de Tshopo, qui compte environ 1,5 million d’habitants.
Par ailleurs, une personne soupçonnée d’être atteinte d’Ebola se serait enfuie d’une unité d’isolement en Ituri et aurait ensuite été testée positive dans la province voisine du Haut-Uele.
Les autorités auraient lancé des opérations de traçage des contacts dans les districts de Tshopo et de Haut-Uele.
Les personnes atteintes d’Ebola ne deviennent généralement contagieuses qu’après l’apparition des symptômes, et il faut compter entre deux et 21 jours pour que ces symptômes apparaissent.
Elles surviennent soudainement et débutent comme une grippe ou le paludisme, avec fièvre, maux de tête et fatigue.
Le ministère de la Santé de la République démocratique du Congo a annoncé une amélioration du diagnostic dans toute la région touchée. Auparavant, quatre laboratoires effectuaient des tests de dépistage d’Ebola, mais ce nombre est désormais passé à dix.
Selon le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) et les autorités sanitaires publiques américaines, l’épidémie actuelle pourrait être l’une des plus importantes jamais enregistrées, car elle se propageait depuis des semaines avant qu’il ne soit confirmé qu’il s’agissait d’Ebola.
Les organisations internationales alertent également sur le fait que le conflit dans l’est de la RDC complique la lutte contre l’épidémie. Le groupe rebelle M23 contrôle de vastes portions du Nord et du Sud-Kivu.
Des vaccins doivent être mis au point pour chaque espèce d’Ebola, dont il en existe six, mais seules trois sont connues pour provoquer des épidémies.
Crédit: Lien source