RDC : l’épidémie d’Ebola s’étend, un essai clinique porteur d’espoir lancé

À ce jour, 1.406 cas confirmés et 438 décès ont été recensés. Face à cette progression, l’OMS et ses partenaires intensifient leur soutien au gouvernement congolais, tout en faisant face à des obstacles persistants, notamment la violence et la méfiance de certaines communautés.

« Sous la direction du gouvernement, nous avons continué à renforcer la riposte », a déclaré le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’un point de presse à Genève.

Des capacités renforcées

Les capacités de dépistage ont été considérablement élargies. Dix laboratoires sont désormais opérationnels au plus près des communautés touchées, facilitant la détection rapide des cas.

Les efforts de recherche des contacts progressent également : quatre personnes contacts sur cinq sont désormais suivies. L’OMS estime toutefois que davantage de contacts doivent encore être identifiés autour de chaque cas afin d’interrompre les chaînes de transmission.

Le système de prise en charge des malades a lui aussi été renforcé. Vingt-deux centres de traitement disposent aujourd’hui d’environ 650 lits, dont 96 % sont déjà occupés. Les autorités sanitaires et leurs partenaires travaillent à la création de 300 lits supplémentaires.

Un essai clinique inédit

L’un des développements les plus encourageants est le lancement, jeudi, d’un essai clinique évaluant deux traitements expérimentaux contre le virus Ebola Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle.

Le premier patient a été recruté dans le cadre de l’étude PARTNERS, coordonnée par l’Institut national de recherche biomédicale de la RDC avec l’appui de l’OMS et d’une coalition de partenaires internationaux.

L’essai évaluera l’efficacité de l’anticorps monoclonal MBP134 et de l’antiviral remdesivir, administrés séparément ou en association.

Les participants bénéficieront d’une prise en charge médicale complète et d’un suivi étroit. L’OMS travaille également à garantir l’accès à ces traitements si leur efficacité et leur sécurité sont confirmées.

Autre avancée importante : l’OMS a accordé jeudi une autorisation d’utilisation d’urgence au premier test moléculaire de diagnostic du virus Bundibugyo, une étape qui devrait permettre d’accélérer la confirmation des cas.

Violence contre les centres de soins

Malgré ces progrès, la riposte reste fragilisée par l’insécurité.

Cette semaine, un centre de traitement Ebola dans la province de l’Ituri a été attaqué, incendié et contraint de cesser temporairement ses activités. Deux personnes ont été tuées et plusieurs patients ont pris la fuite.

Selon le Directeur général de l’OMS, de telles attaques mettent en danger les patients comme les personnels de santé et compromettent les efforts visant à contenir l’épidémie.

Pour renforcer la coordination de la réponse humanitaire, le Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, Tom Fletcher, et Tedros Adhanom Ghebreyesus ont récemment approuvé la nomination de Julien Harneis comme Coordonnateur principal de la riposte contre Ebola. Sa mission sera d’améliorer la coordination entre les agences des Nations Unies, les autorités congolaises et les partenaires afin d’accélérer l’aide aux populations touchées.

M. Harneis est arrivé mercredi dans la capitale congolaise Kinshasa pour entamer sa nouvelle mission et il sera basé à Bunia, dans la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie, a précisé le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien à New York.

Les autorités sanitaires ont confirmé au moins deux cas d’Ebola dans le camp de déplacés de Kigonze, à Bunia, a-t-il ajouté. Ce site accueille quelque 15 000 personnes déplacées par le conflit. « Un centre de traitement Ebola est en cours d’installation sur le site de déplacés, et un nouveau programme offrant des soins de santé gratuits aux personnes déplacées a été lancé ce jour », a souligné M. Dujarric. 

Une vigilance régionale

Le chef de l’OMS a également indiqué qu’aucun nouveau cas d’Ebola n’avait été signalé en Ouganda depuis le 21 juin.

En revanche, les autorités ougandaises ont notifié cette semaine un cas confirmé de maladie à virus Marburg, une forme de fièvre hémorragique extrêmement mortelle, dans le district de Kyegegwa, Il a été détecté grâce au renforcement de la surveillance mise en place contre Ebola.

Les contacts du patient sont suivis et aucun ne présente, à ce stade, de symptômes.

Enfin, l’OMS a annoncé la fin officielle de l’épidémie de hantavirus liée au navire de croisière MV Hondius, qui avait fait 13 cas, dont trois décès, tout en soulignant que ces différentes flambées rappellent une même réalité : « aucune nation ne peut faire face seule à des menaces sanitaires internationales ».

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