Décès de Denis Adenet-Louvet, l’une des voix emblématiques des sports et du créole à Martinique La 1ère

C’est une voix familière qui s’est éteinte. Denis Adenet-Louvet, journaliste de Martinique La 1ère, est décédé mercredi 1er juillet, à l’âge de 64 ans, des suites d’une chute à vélo.

Entré à RFO en 1999, devenue Martinique La 1ère en 2010, il aura consacré plus de vingt-cinq ans de sa carrière au service public. Journaliste de terrain, il s’est imposé comme l’une des grandes voix du sport en Martinique, tout en participant activement au lancement des premiers journaux parlés en créole sur l’antenne.

Avant de rejoindre la station, il avait exercé dans plusieurs médias martiniquais et guyanais, notamment à RLDM, Radio Balisier, RCI Guyane et Radio Fréquence Atlantique.

Un amoureux de la langue créole

Pour ses collègues, Denis Adenet-Louvet était aussi un artisan de la valorisation du créole dans les médias.

Son ancien collègue Serge Zobeïde se souvient d’un journaliste au talent d’écriture rare.

« C’était un excellent créolopale. Il avait quelque chose, un savoir-faire. Il pouvait être très poète quand il écrivait en créole. Je pense même qu’il aurait pu écrire et être publié. Il avait des histoires, des choses à raconter, on le voyait dans les portraits qu’il réalisait. »

Serge Zobeïde, grand reporter chez Martinique la 1ère

Les deux hommes avaient auparavant travaillé ensemble à RLDM.

« On avait monté une rédaction très solide. On faisait un journal en créole. Denis était un pilier, il avait une excellente maîtrise de la langue. C’était quasiment une école de l’écriture journalistique en créole. »

Denis Adenet-Louvet était également un homme de foi. Profondément croyant, il consacrait une partie de son temps libre à un projet qui lui tenait particulièrement à cœur : la traduction de la Bible en créole, aux côtés du père Monconthour.

Un engagement qui témoignait une nouvelle fois de son amour de la langue créole, mais aussi de sa volonté de transmettre et de rendre les textes accessibles au plus grand nombre.

Une passion intacte pour le sport

Ces dernières années, Denis Adenet-Louvet assurait la coordination des collaborateurs sportifs de Martinique La 1ère tout en continuant de suivre l’actualité des compétitions.

Le sport était bien plus qu’un domaine de spécialité : c’était une véritable passion.

« C’est avant tout un passionné », résume Audrey Govindin, rédactrice en chef de la radio.

« Tous les clubs de natation de Martinique le connaissaient. Il y a encore quelques mois, en avril dernier, il était pilote des Carifta Games de natation. Mais il aimait aussi la course à pied, la randonnée et évidemment le vélo. C’était un fin connaisseur du territoire martiniquais. Je crois qu’il connaissait des lieux où nous-mêmes n’avions jamais posé les pieds parce que c’était un baroudeur. »

Audrey Govindin, rédactrice en chef de la radio

Jean-Claude Samyde, directeur régional de Martinique La 1ère, garde lui aussi le souvenir d’un journaliste passionné.

« Je le connaissais depuis 2010, lors de ma première mission ici. J’ai été son rédacteur en chef radio. On a travaillé ensemble sur le Tour cycliste. Il aimait ce qu’il faisait et était à l’aise dans le sport. Il a toujours été souriant, d’une gentillesse incroyable et inspirait les gens. »

Une personnalité profondément appréciée

Au-delà de ses compétences journalistiques, tous saluent un homme attentif aux autres, toujours disponible et animé par une profonde bienveillance.

Pour Audrey Govindin :

« C’était un homme de cœur, qui ne hiérarchisait pas les hommes. Il aimait tout le monde. Il réussissait à transmettre sa passion aux plus jeunes de la rédaction. »

Karl Sivatte, journaliste sportif et compagnon de route pendant près de vingt ans, évoque une relation qui dépassait largement le cadre professionnel.

« Notre point commun, c’était le sport. Au quotidien, on formait un binôme dans la coordination du service des sports. C’était un mec qui ne comptait pas ses heures. Il pouvait appeler à n’importe quelle heure parce qu’il pensait à un sujet. Pour moi, ça allait bien au-delà du travail. Je retiens sa bienveillance, sa grande disponibilité, le “kanté kant”, sa joie de vivre. Avec un mot ou une expression, il pouvait te redonner le sourire. On partageait aussi notre passion du créole, on passait des heures à échanger sur les expressions du pays. C’était un homme au grand cœur. »

« Il y a des voix que même la mort ne fera jamais taire »

Originaire du Saint-Esprit, Denis Adenet-Louvet laisse également une empreinte forte auprès de nombreux confrères.

Le journaliste Jean-Marc D’Abreu lui a rendu un hommage particulièrement émouvant.

« Il y a des voix que même la mort ne fera jamais taire. La tienne en fait partie. Elle est de celles qui racontent les passions. Celles du vent dans les voiles des yoles martiniquaises, celles des échappées héroïques sur les routes du Tour cycliste. Une voix qui racontait le sport comme on raconte la vie : avec sincérité, émotion et respect. »

Jean-Marc D’Abreu, journaliste

Il poursuit :

« Ton micro s’est tu, mais ton regard sur la Martinique, sur ses yoles, ses coureurs, ses champions et ses habitants continuera de résonner dans nos mémoires. »

Une famille, des collègues et toute une profession en deuil

Denis Adenet-Louvet laisse derrière lui ses enfants, son épouse, sa famille, ses proches, mais aussi plusieurs générations de journalistes qu’il aura accompagnées et inspirées.

L’ensemble des équipes de Martinique La 1ère adresse ses pensées les plus sincères à sa famille, à ses proches ainsi qu’à tous ceux qui ont eu le privilège de travailler à ses côtés.

« Pour moi, Denis ne nous a pas quitté. On se souviendra toujours de sa bonne humeur contagieuse. Il nous laisse aussi comme héritage son professionnalisme et son investissement au travail. Il vivra toujours dans les gestes, les souvenirs et l’amour qu’il nous a laissé. »

Alain Petit, directeur des contenus d’information à Martinique La 1ère

Son sourire, son professionnalisme et sa passion pour le journalisme, le sport et la langue créole resteront gravés dans la mémoire de ceux qui l’ont connu.

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