« Nous sommes venus pour gagner » : 27 équipes s’affrontent à Papaïchton pour la troisième édition des Jeux Aluku
Quelques heures avant le lancement officiel des Jeux Aluku, les équipes ont commencé à arriver à Papaïchton. Organisé par la municipalité et le Parc amazonien de Guyane, cet événement culturel et sportif célèbre les traditions du fleuve, à travers neuf compétitions qui auront lieu du 3 au 5 juillet. Au fil des années, l’événement a pris de l’ampleur : 14 équipes étaient présentes l’an dernier. Elles sont 27 cette fois-ci.
Ce jeudi matin, l’équipe Kwinti, venue tout droit du Suriname, a rejoint les rives guyanaises. Furdjul Josua est le chef d’équipe. « Je suis Kwinti (communauté du Suriname, NDLR). Je suis venu participer aux Jeux aluku avec la population de Papaïchton. Nous sommes venus ici pour gagner la compétition cette fois-ci parce que la dernière fois nous étions les derniers au classement final. Nous sommes venus pour progresser et gagner ! »
Remettre les traditions au goût du jour
Coorganisateur de l’événement, le Parc amazonien de Guyane apporte une aide financière et logistique, avec la mobilisation d’une quinzaine d’agents. Ce projet, pensé de longue date, s’inscrit dans l’esprit des jeux du fleuve, avec un fort aspect patrimonial.
Pour Jean-Maurice Montoute, responsable du service communication du Parc amazonien de Guyane, l’objectif est de remettre au goût du jour les jeux traditionnels des cultures marronnes. « Cette année, le maire a décidé d’ouvrir au maximum ces Jeux Aluku à toute la Guyane. L’ambition du maire de Papaïchton est de faire découvrir la ville et la culture de ce territoire à toute la Guyane. C’est un challenge, parce que c’est la première fois qu’on aura autant de monde. On atteint la limite acceptable pour la petite commune de Papaïchton. Et je pense que cette année, ce sera véritablement le vrai départ des Jeux Aluku. »
Une façon de vivre transmise au public
À travers les jeux, c’est également une façon de vivre qui va être présentée au public. « On verra par exemple la fabrication d’un radeau, illustre Jean-Maurice Montoute, parce qu’avant il fallait s’échapper rapidement, s’enfoncer dans la forêt. Et pour cela, il fallait faire un radeau, on n’avait pas le temps de construire une pirogue. On essaie d’initier un peu la jeunesse à la façon dont les marrons vivaient il y a encore quelque temps, il y a quelques siècles de ça. »
Un esprit de compétition déjà bien installé
Pour les équipes qui se déplacent, l’esprit de compétition est déjà là. Certaines sont habituées à ce type de rencontre, notamment les Jeux Kali’na. « Ici, il y a des gens qui sont prêts à gagner, bien sûr, Papaïchton, puisque ça fait la troisième édition et Papaïchton n’a jamais remporté ces jeux chez elle et va tout faire pour les remporter, ajoute Jean-Maurice Montoute. Et puis on a l’équipe d’Apatou, qui est aussi très très motivée. Cette année, on aura une équipe qui vient du Haut-Maroni, donc des Wayana, qui ont créé une équipe pour cela. Eux aussi viennent pour l’emporter, surtout qu’on sait que l’équipe d’Ayawande, qui était présente l’an dernier et qui a fini troisième, ne sera pas présente. »
Durant les deux jours de compétitions, des groupes traditionnels se produiront également. Avec toujours le même objectif : être une vitrine pour la culture aluku.
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