Visite express en Guyane pour le ministre de l’Europe et des affaires étrangères Jean-Noël Barrot et Jean-Didier Berger, ministre délégué du ministre de l’Intérieur. Ils se sont exprimés ce 2 juillet depuis la base aérienne militaire, à Matoury, pour préciser le contenu de l’accord France – Brésil signé la veille à Brasilia… avant de poursuivre leur route vers la Martinique où se tient la conférence régionale de sécurité.
Pour Jean-Noël Barrot, cet acte de coopération – qui concerne principalement l’état de l’Amapa et la Guyane – va permettre de « juguler l’immigration irrégulière », « lutter contre la criminalité environnementale » comme l’orpaillage illégal et « créer les conditions d’une intégration de la Guyane dans son environnement régional ».
L’obligation de visa suspendue
À compter du 31 juillet, l’obligation de visas aujourd’hui exigés aux ressortissants brésiliens pour venir en Guyane sera suspendue. L’annonce avait été faite en 2025 à l’occasion de la visite de Lula en France. Il s’agira finalement d’une expérimentation sur une durée de six mois et pour les courts séjours.
« Dès lors que le président de la République et Lula ont décidé de régler cette question, nos ministères ce sont mis en ordre de marche pour trouver cette solution et ce compromis. »
Les formalités concernant cette mesure n’ont pas été précisées pour l’instant.
Un renforcement de la sécurité
Concernant la lutte contre la criminalité environnementale, Jean-Didier Berger, ministre délégué du ministre de l’Intérieur a annoncé :
« Dans le cadre de cet accord, il y a aussi la volonté de l’Amapa, que je salue, de créer un bataillon de frontière et une compagnie fluviale qui vont venir s’ajouter à toutes les forces en présence. »
L’accord comprendrait aussi un renforcement de « toutes les opérations » de sécurité, dont le renseignement ou encore les opérations de contrôle : « Nous allons avoir un agent de liaison qui va être présent à l’aéroport de São Paulo, qui va nous permettre de filtrer encore mieux les profils criminogènes avec vocation de devenir des mules vers notamment le territoire hexagonal« , a précisé Jean-Noël Barrot. Des agents devraient être positionnés dans d’autres villes, comme à Belém.
Le ministre a aussi évoqué une mesure du projet de loi RIPOST « qui vise à renforcer les contrôles dans les zones frontalières, dans les zones liées aux aéroports avec des vols internationaux et donc la possibilité, sans réquisition judiciaire, de fouiller les bagages et les véhicules dans une zone de 40 km« . Un dispositif qui ne concerne pas l’accord France – Brésil mais qui, selon lui, concerne directement la Guyane.
Une centaine de personnes issues des factions armées brésiliennes auraient été mises hors d’état de nuire ces dernières années, avance le ministre sans plus de précision.
La Guyane à la CARICOM
Par ailleurs, bien qu’il n’y ait pas de lien avec la signature de l’accord France – Brésil, « la semaine prochaine, la Guyane deviendra membre associée de la CARICOM (communauté caribéenne)« , a également précisé le ministre de l’Europe et des affaires étrangères. En avril dernier, le président de la Collectivité Territoriale de Guyane Gabriel Serville disait à ce sujet « le traité […] est en cours de discussion« . Une décision était justement attendue courant juillet.
Le ministre indique aussi avoir plaidé pour l’adhésion de la Guyane au sein de l’OTCA, Organisation du traité de coopération amazonienne. « Nous avons un officier de liaison qui participe aux travaux de l’OTCA et qui nous y représente« , a-t-il tout de même précisé.
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