Dépenses non inscrites, erreur de procédure : les comptes de Léon Bertrand et Wender Karam rejetés après les municipales à Saint-Laurent-du-Maroni.

Cinq têtes de liste examinées, deux comptes écartés. Réunie le 15 juillet 2026, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a rendu ses décisions sur le financement des listes candidates aux élections municipales des 15 et 22 mars à Saint-Laurent-du-Maroni.

Deux comptes ont été rejetés, ceux de Léon Bertrand et de Wender Karam. Les trois autres, ceux de Lénaïck Adam, élu maire, de Sophie Charles et de Paul Persdam, ont été approuvés.

Le compte de Léon Bertrand rejeté pour des sommes non inscrites

Ancien maire de Saint-Laurent et aujourd’hui conseiller municipal, Léon Bertrand a présenté au second tour un compte faisant apparaître 58 130 euros de dépenses, pour un plafond fixé à 95 698 euros. Aucun dépassement n’est donc en cause.

La Commission relève en revanche que des recettes et plusieurs dépenses engagées pour l’élection n’ont pas été inscrites au compte. Elle estime que celui-ci ne peut être regardé comme retraçant l’exactitude des dépenses et en prononce le rejet. Le candidat est privé du remboursement de l’État.

Le compte de Wender Karam, tête de liste au premier tour, est également rejeté, pour un motif différent. Selon la Commission, un colistier a assuré à tort les fonctions de mandataire financier pour sa propre campagne, en méconnaissance du code électoral. Le candidat, qui a réuni moins de 5 % des suffrages, n’a pas droit au remboursement. Un solde de 1 352 euros doit être reversé.

Ce qu’implique un rejet

Le rejet d’un compte entraîne la saisine du juge de l’élection, ici le tribunal administratif de la Guyane, au titre de l’article L. 52-15 du code électoral. Ce juge apprécie les faits et peut, s’il l’estime justifié, prononcer l’inéligibilité du candidat. Il peut aussi ne retenir aucune sanction. Aucune décision n’est intervenue à ce jour.

Trois comptes validés, un remboursement pour le maire

Les comptes des trois autres têtes de liste ont été approuvés. Celui de Lénaïck Adam, arrivé en tête le 22 mars et devenu maire, a été approuvé après réformation et ouvre droit à un remboursement de l’État. Celui de Sophie Charles, maire sortante, a été validé sans observation ; un signalement reçu par la Commission en mars a été écarté après instruction. Le compte de Paul Persdam, candidat au premier tour, a été approuvé après réformation.

Contacté, Léon Bertrand n’a pas souhaité commenter. Il fait valoir que la procédure « n’est pas terminée » et dit ne pas vouloir « interférer dans une démarche qui doit respecter une certaine neutralité ». Il indique qu’il s’exprimera lorsqu’il disposera de plus d’éléments.

Joint par téléphone, Wender Karam qualifie le rejet d’« erreur technique » et conteste toute insincérité de son compte. Le candidat dit avoir « pris acte de la décision » de la Commission et attendre celle du tribunal administratif. Il souligne qu’au regard de son score, inférieur à 5 %, le rejet reste pour lui sans conséquence directe : il n’était, selon ses mots, « ni remboursable ni élu ».

Il appartient désormais au tribunal administratif de la Guyane de statuer sur les suites des deux rejets.

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