(Port-au-Prince) Les violences armées, survenues dimanche dans des quartiers situés au nord de la capitale haïtienne Port-au-Prince, ont entraîné le déplacement de quelque 5300 personnes en l’espace de trois jours, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
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« Des maisons ont été pillées et incendiées. Plusieurs boutiques et écoles ont été vandalisées », a décrit mercredi Fritznel Pierre, responsable d’une organisation de défense des droits de la personne, à l’antenne de la radio locale Magik 9.
« Autant de blessés par balles en si peu de temps, on n’avait jamais eu ça », explique Sarah Chateau, responsable des opérations de Médecins sans frontières en Haïti.
Pays le plus pauvre des Caraïbes, Haïti est ravagé par la violence des gangs qui multiplient attaques sanglantes, enlèvements et viols. Et la situation n’a cessé de se détériorer ces deux dernières années.
PHOTO ODELYN JOSEPH, ASSOCIATED PRESS
Des gens sont regroupés dans la cour du poste de police pour se protéger lors d’affrontements à Port-au-Prince.
Des quartiers du nord de Port-au-Prince étaient mercredi toujours en proie à des affrontements entre groupes armés, et ce malgré l’envoi par la police haïtienne de plusieurs unités pour les sécuriser, a souligné une source policière à l’AFP.
Un centre hospitalier et un hôpital de Médecins sans frontières ont également été contraints de suspendre leurs activités et d’évacuer leur personnel.
« On a reçu énormément de blessés par balles. L’hôpital de Fontaine, à cause de la proximité des affrontements, a évacué et nous a transféré ses patients. À chaque fois qu’on ouvrait les barrières pour recevoir des patients, il y avait des membres de la population qui s’engouffraient », raconte à l’AFP Sarah Chateau.
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Des véhicules calcinés témoignent des violents affrontements entre gangs, à Port-au-Prince.
La responsable des opérations de Médecins sans frontières en Haïti, décrit une évacuation « stressante », avec des « balles perdues qui pleuvaient ».
« On n’était pas plus en sécurité à l’intérieur. Un de nos agents de sécurité a reçu une balle perdue », explique-t-elle.
Plus de 40 personnes blessées par balles ont été soignées en moins de 12 heures, a dit mercredi Farhan Haq, porte-parole adjoint du secrétaire général des Nations unies.
Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) prépare « une réponse humanitaire collective dans un contexte sécuritaire instable et en constante évolution », a déclaré Farhan Haq.
Une nouvelle force multinationale de lutte contre les gangs est en cours de déploiement pour remplacer la Mission multinationale de soutien à la police haïtienne (MMAS), sous-équipée et sous-financée.
Mais à ce stade, seul un contingent de 400 soldats tchadiens est arrivé à Port-au-Prince.
Les quartiers nord de Port-au-Prince, dont Cité Soleil, avaient déjà subi de violents affrontements en mars et en avril, entraînant le déplacement de près de 8000 personnes selon l’ONU.
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