Des militants menacent de bloquer la capitale du Mali, suscitant des craintes pour l’approvisionnement en carburant
AA / Mali / Oumar Sankare
Des militants armés ont menacé d’imposer un blocus sur la capitale malienne, Bamako, suscitant des inquiétudes concernant des perturbations de l’approvisionnement en carburant.
Cependant, les autorités affirment que des centaines de camions-citernes ont atteint la capitale et que des opérations militaires sont en cours pour sécuriser les axes principaux.
Selon une source de la Direction générale du commerce, qui a souhaité garder l’anonymat car elle n’était pas autorisée à s’exprimer auprès des médias, plus de 830 camions-citernes ont été reçus afin d’assurer un approvisionnement continu en carburant.
L’avertissement de blocus intervient alors que l’insécurité continue de perturber les corridors de transport. Plus de 250 bus et véhicules privés ont été signalés bloqués le long de routes principales temporairement fermées par des groupes armés.
Les forces maliennes mènent actuellement des opérations pour rouvrir deux routes nationales clés.
Le gouvernement n’avait pas encore publié de communiqué officiel.
Attaques à grande échelle
Les récents développements interviennent après des attaques à grande échelle et coordonnées survenues à la fin du mois dernier, visant plusieurs localités, dont Bamako, Kati, Mopti, Gao et Kidal. Les autorités ont décrit ces assauts comme « complexes, coordonnés et simultanés ».
Les attaques ont également entraîné la mort du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, tué après qu’un engin explosif improvisé a visé sa résidence.
Le président, le général Assimi Goïta, a déclaré mardi que la situation était sous contrôle, avec des opérations de sécurité en cours. Toutefois, la situation sécuritaire générale reste volatile.
Dans le nord du pays, des groupes armés ont repris le contrôle de villes clés, dont Kidal, constituant un revers majeur après que l’armée avait regagné du terrain en 2023. Les troupes ont été repositionnées à Anefis, selon des sources militaires, confrontées à des difficultés logistiques, notamment un accès limité à l’eau et à la nourriture.
Parallèlement, les autorités ont intensifié les arrestations. Un suspect a été arrêté à Bougouni, ville frontalière avec la Côte d’Ivoire, alors qu’il tentait de fuir. Le tribunal militaire a indiqué que plusieurs complices présumés ont également été détenus.
Le gouvernement a maintenu des mesures de sécurité renforcées dans la capitale, incluant un couvre-feu nocturne de 21h à 6h.
Le Mali fait face à une insécurité persistante depuis 2012, avec des groupes armés opérant sur une grande partie du territoire. La situation a évolué au fil des transitions politiques depuis 2020 et des changements dans les alliances militaires.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz
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