La Guinée équatoriale envisage une refonte du système de collecte des recettes issues des péages routiers, après des interrogations apparues au sommet de l’État sur la fiabilité des mécanismes actuellement utilisés. Selon les informations communiquées à l’issue d’une réunion de travail présidée le mercredi 20 mai 2026 par le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, les autorités souhaitent revoir en profondeur les modalités de gestion de ces revenus.
Le dossier dépasse la seule question technique. Dans un pays où les recettes publiques hors hydrocarbures représentent un enjeu récurrent de diversification budgétaire, les autorités cherchent à déterminer si les montants générés aux différents postes de péage correspondent effectivement aux sommes reversées au Trésor public.
» L’inquiétude du pouvoir exécutif réside dans le système de perception manuel actuel, jugé vulnérable aux erreurs de contrôle et à d’éventuelles irrégularités, en raison de l’absence de mécanismes automatisés permettant une vérification en temps réel du volume exact des recettes enregistrées quotidiennement à chaque poste de péage « , soulignent les autorités équato-guinéennes.
Dans ce contexte, le gouvernement veut d’abord disposer d’une vision plus précise des flux financiers liés à ces infrastructures. D’après les informations rendues publiques à l’issue de la réunion, le vice-président a ainsi demandé au ministère des Travaux publics » un rapport détaillé sur l’ensemble des recettes générées par les péages dans le pays, ainsi que sur les mécanismes actuellement utilisés pour la gestion et le contrôle de ces ressources « .
Cette démarche pourrait ouvrir la voie à des investigations plus poussées. Selon les éléments communiqués par l’exécutif, » après analyse du rapport financier, le gouvernement prévoit de créer une commission chargée de vérifier que tous les fonds collectés ont été correctement déposés dans les caisses de l’État, ainsi que de contrôler le fonctionnement réel du système sur le terrain et d’identifier toute irrégularité éventuelle « .
Cette étape devrait permettre d’établir si des écarts existent entre les recettes théoriquement attendues et les montants effectivement transférés aux comptes publics. Parallèlement, les autorités souhaitent préparer une nouvelle architecture de gestion des postes de péage.
D’après les informations officielles diffusées après la réunion, Teodoro Nguema Obiang Mangue a demandé » une proposition pour la mise en œuvre d’un système de gestion automatisée des péages à l’échelle nationale, reposant sur des outils électroniques destinés à moderniser le service, réduire les risques de détournement de fonds et renforcer les mécanismes de contrôle et d’exploitation de ces infrastructures « .
Au-delà des aspects financiers, les autorités envisagent également l’installation de postes de contrôle de police à proximité des péages. Ces dispositifs auraient pour mission de surveiller la circulation, de protéger les infrastructures et de détecter d’éventuelles activités jugées suspectes. Selon les informations communiquées par le gouvernement, ils devront aussi assurer la sécurité du personnel et des usagers, tout en prévenant les actes de sabotage ou les dégradations d’équipements.
Perton Biyiha
Publié le 21/05/26 22:54
La Rédaction
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