Dette de la France : pourquoi l’explosion des intérêts menace directement votre crédit immobilier et votre épargne

Le constat est sans appel et les projections donnent le vertige. Selon les dernières prévisions de l’institut de conjoncture Rexcode, la France pourrait faire face à une charge de la dette monumentale de 120 milliards d’euros à l’horizon 2030. Ce montant, purement financier, représente les intérêts versés à nos créanciers sans qu’un seul euro ne soit investi dans l’éducation, la défense ou la recherche. Pour mieux mesurer l’ampleur du séisme, cette somme dépasse désormais les recettes annuelles de l’impôt sur le revenu.

L’illusion d’une baisse des taux pour les particuliers

Nombre d’emprunteurs guettent avec impatience un signe de détente de la part de la Banque Centrale Européenne (BCE). Pourtant, une déconnexion brutale s’opère. Si les taux directeurs baissent, les taux d’intérêt pratiqués par les banques pour les ménages restent, eux, obstinément élevés.

La raison est arithmétique : les banques doivent arbitrer entre financer le particulier ou prêter à l’État. Dès lors que la France emprunte à des niveaux élevés (via l’OAT 10 ans), le coût du crédit pour monsieur et madame tout le monde suit mécaniquement la même trajectoire ascendante. La période des crédits « gratuits » de 2020 semble appartenir à une époque définitivement révolue.

Immobilier : faut-il acheter maintenant ou passer son tour ?

Face à cette raréfaction de l’offre locative — en chute de 25% l’an dernier — et au ralentissement de la construction, la tentation de sécuriser un bien est forte. Néanmoins, la prudence reste le maître-mot pour les épargnants. En effet, une reprise durable du marché ne semble pas envisageable avant 2027.

La stratégie à adopter : Ne pas se précipiter. Le coût actuel de l’emprunt freine la solvabilité, et attendre un assainissement du paysage macroéconomique pourrait s’avérer payant sur le long terme.

Démographie et transition : les moteurs cachés de la hausse

Au-delà de la gestion budgétaire, deux lames de fond soutiennent la hausse des taux à long terme. D’une part, le vieillissement de la population mondiale grignote l’épargne disponible tout en augmentant les besoins de financement pour la santé et les dépendances (Ehpad, médicaments). D’autre part, la transition énergétique impose des investissements colossaux dans l’électrification des infrastructures.

La France se trouve donc à la croisée des chemins. Sans une volonté politique de réduire drastiquement les dépenses publiques et d’augmenter le taux d’emploi, notamment chez les seniors (un gisement estimé à 120 milliards de recettes supplémentaires), la pression sur l’épargne des Français ne fera que s’accentuer.

Pour découvrir l’analyse complète de Maxime Maury sur l’impuissance des banques centrales et les scénarios de récession mondiale, visionnez notre vidéo sur la chaîne YouTube du Revenu.

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