Dominique Lain, un engagement entier, un attachement viscéral au Luc, et une ascension politique fulgurante brisée
Maire depuis 2020 de sa commune de cœur, Dominique Lain est décédé alors que la ville semble sur la voie du renouveau.
C’est à l’âge de 4 ans que Dominique Lain débarque au Luc, en 1969. Avec son frère et sa mère, ils suivent son père, pilote d’hélicoptère, qui intègre les rangs de la base militaire locale.
Ses parents et lui-même ne quitteront plus jamais le village.
« Jeune homme, il avait brillamment réussi un concours pour intégrer Air France », se souvient un très proche, ému.
« Mais il avait finalement décliné, car cela l’éloignait trop du Luc, à la grande fureur de son père. C’était vraiment Dominique, il avait une passion sincère et folle pour son territoire. Il a aussi renoncé à des opportunités politiques l’éloignant d’ici. Il a sacrifié tant de choses, simplement pour rester ici, au Luc ».
Dominique Lain entame alors sa carrière auprès de la chambre de métiers, au centre d’apprentissage des Arcs, en y enseignant les mathématiques.
Il grimpera les échelons de la chambre consulaire départementale puis régionale, en assurant des responsabilités dans la formation et l’apprentissage.
Parallèlement, il se lance en politique en menant une liste dans sa ville, pour les élections municipales de 2014.
« Je suis un homme marqué politiquement à droite. Mais, avant tout, je suis profondément Lucois, humaniste et respectueux des valeurs républicaines » se présentait-il à l’été 2013 dans les colonnes de Var-matin.
CAMILLE DODET / Nice-matin
Ce premier combat politique est perdu, puisque la liste du Front national l’emporte, mais ce sera la seule défaite dans les urnes de Dominique Lain.
Ensuite, en une décennie à peine, il s’impose comme le nouvel homme fort du territoire.
Opposant municipal en 2014, il devient tout de même vice-président de l’intercommunalité Cœur du Var.
Il est élu conseiller départemental en 2015, réélu en 2021 ; toujours en poste à ce jour, il occupe la fonction de vice-président de l’instance, et depuis 2022 la présidence du conseil d’administration du Sdis.
Entre-temps, aux municipales de 2020, il prend sa revanche sur le RN et remporte la mairie du Luc. Où il est réélu, sans concurrence, en mars 2026.
Enfin il devient également président de l’intercommunalité Cœur du Var en avril.
Autant de mandats qu’il assumait volontiers, pragmatique sur le jeu politique : « Ce cumul des mandats m’a permis de gagner encore et toujours en compétence », expliquait-il en décembre 2025 dans Var-matin. « Cela permet de mettre les choses en perspective et de comprendre l’importance des autres échelons. »
Philipe Arnassan / Nice-matin
« Il ne s’engageait jamais à moitié, il s’investissait pleinement dans tous ses mandats, passionnément. Cela représentait de gros horaires de travail, toute l’année, sans répit, de la pression, des contrariétés aussi », raconte encore ce proche, qui se souvient d’une discussion prémonitoire.
« Il y a quelques semaines, je lui avais dit de faire attention, de ne pas sacrifier sa santé… Il m’avait entendu, je crois, il m’avait dit qu’il allait faire attention mais que je ne m’inquiète pas, qu’il était encore jeune, à 61 ans… »
Si ses qualités humaines autant que son sens de l’engagement sont aujourd’hui salués dans la pluie d’hommages qu’il reçoit, c’est aussi à la lumière du bilan de son action politique que l’on peut mesurer la trace qu’il laissera sur le territoire.
Maire du Luc depuis 2020, Dominique Lain aura contribué à y esquisser un véritable renouveau.
Depuis son bureau de la place de la Liberté, le cœur de la commune totalement requalifiée l’an passé, il a directement ou indirectement pesé (avec ses collègues élus et toutes les institutions concernées) sur de nombreux dossiers structurants pour la ville et l’intercommunalité : la construction d’un nouveau collège est actée, comme celle du lycée tant attendu, de la piscine couverte, d’un nouveau gymnase, de la zone économique Var écopôle au Cannet… L’hôpital intercommunal doit être agrandi et accueillir un centre d’imagerie.
Le dossier de l’échangeur d’autoroute est sur le bureau du ministre des Transports.
Et non loin de là, la base Lecasud, plus gros employeur du département, a confirmé l’an passé son maintien au Luc, et même son ambitieux agrandissement, représentant 1.500 emplois directs…
Au Sdis aussi, le travail de Dominique Lain s’est concrétisé de manière tangible. Le plan caserne acté en 2022 a permis de reconstruire La Seyne nord, les centres de Draguignan et Carcès sont en pleins travaux, et ceux du Muy ou de Ginasservis, notamment, sont programmés.
Le Sdis est monté en puissance ces dernières années sur le plan des moyens techniques comme des moyens humains, notamment sous son impulsion.
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