Dopage : les contrôles inopinés des Bleus arrêtés avant le Mondial 1998, reconnaît la ministre des Sports de l’époque

Les contrôles antidopage surprises, ça ne concerne pas que le cyclisme. Dans « Zidane, la fabrique d’une légende », un documentaire diffusé par BFMTV ce lundi 3 août, la ministre des Sports entre 1997 et 2002 Marie-George Buffet a reconnu que ses services avaient cessé ces contrôles inopinés auprès des Bleus avant la Coupe du monde 1998.

Cet arrêt faisait suite à un premier contrôle lors d’un stage de préparation à Tignes, en 1997. Il avait provoqué un tollé : les joueurs, leur sélectionneur Aimé Jacquet ou encore la fédération française avaient fustigé ces contrôles, accusés de gêner la préparation des Bleus. Tous les tests urinaires avaient été négatifs.

La ministre communiste, qui avait déclaré avoir subi des pressions « de toutes sortes » à cette période, avait jusqu’ici nié avoir donné des consignes pour arrêter les contrôles inopinés. « Nous n’avons jamais donné de directive en ce sens » avait-elle notamment déclaré sous serment devant une commission sénatoriale en 2013.

« Je ne devais plus les embêter »

Interrogé dans le documentaire, Alain Garnier, l’ancien médecin dépêché à Tignes par le ministère des Sports pour réaliser les contrôles, rapporte que Mme Buffet lui avait confirmé la consigne : « Je ne devais plus embêter les Bleus jusqu’à la Coupe du monde ». « En clair, plus de contrôles inopinés » déclare-t-il, une consigne qui n’a selon lui existé qu’oralement.

« Si le Dr Garnier le dit, oui, c’est que c’était vrai », déclare en réponse l’ancienne ministre, sans se souvenir exactement des propos tenus au médecin. « On ne l’a pas dit comme ça, mais ça revient au même. C’était un recul [de la lutte antidopage] ». Questionnée sur l’origine de cette décision de ne plus contrôler les joueurs français, qui selon Alain Garnier provenait de Matignon, elle avance qu’on « a dû nous faire passer la consigne au niveau des cabinets ».

« Et après [la Coupe du monde], on a repris le combat [antidopage] » ajoute Marie-George Buffet qui sera, en 1999, à l’origine de la première loi organisant la lutte antidopage en France.


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