En 7 mois, le nombre de feux de broussailles et de canne est déjà supérieur à celui de 2025, en Guadeloupe

Lundi après-midi (3 août 2026), les sapeurs-pompiers de la Guadeloupe ont dû faire face à un énième feu de végétation. Ce dernier sinistre en date s’est déclaré à la section Cambrefort, à Capesterre-Belle-Eau. Les soldats du feu devaient empêcher la propagation des flammes à une habitation voisine, mais aussi à la route qui longe la parcelle concernée.

Un automobiliste nous raconte avoir pris trois heures pour rentrer chez lui, après le travail. Parti du Gosier à 17h00, il est arrivé à son domicile, à Capesterre, vers 20h00. À ce moment-là, la déviation routière mise en place par les forces de l’ordre avait déjà été levée.

« Au rond-point de Viard, il y avait déjà l’embouteillage. Je n’ai même pas eu le temps de voir la déviation ! J’ai suivi le chemin normalement. Quand je suis arrivé chez moi, j’ai senti l’odeur de brûlé, puis j’ai entendu aux infos que c’est la canne-à-sucre qui a brûlé. »

Automobiliste résidant de Cambrefort [traduction du créole]

Il est vrai qu’une fumée épaisse se dégageait du site impacté.

Aujourd’hui, l’endroit garde les stigmates de ce qui s’est passé. La cicatrice laissée par le feu couvre plus de 4 hectares. Elle est béante, en lieu et place d’un champ de canne, d’une partie d’une plantation de bananes et d’une parcelle qui était en friche.

Le feu s’est déclaré à 400 mètres d’un quartier pavillonnaire. Il a fait craindre le pire aux habitants. Rodrigue, lui, a gardé son calme.

« Quelques riverains ont eu peur ; ceux qui habitent tout près. Mais, moi, je suis à presque 500 à 600 mètres du feu. Mais, le monsieur qui a sa maison et toutes ses affaires là-bas, un homme âgé en plus, il n’aurait pas eu le temps de faire quoi que ce soit. Heureusement que des personnes ont alerté les pompiers rapidement ! »

Rodrigue Hubert, habitant du quartier [traduction du créole]

Les pompiers dans le feu de l’action

Pour lutter contre de tels phénomènes, le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) est armé. Il dispose notamment d’un canon pouvant débiter 2000 litres d’eau par minute, ainsi que d’un camion-citerne de 13.000 litres. Ce sont les équipements les plus utilisés, depuis quelques semaines, par les pompiers.

« Ce matériel est indispensable puisque, par ses spécificités, il nous permet vraiment d’aller au plus près des sinistres. »

Saïda Lesueur, caporale cheffe au SDIS Guadeloupe

Car la Guadeloupe brûle, beaucoup plus que d’habitude ; et cela fait peur, dans l’actuel contexte de sécheresse et de vent, parfois très soutenu. Les hommes du feu ont eu à combattre simultanément jusqu’à six sinistres, en juin dernier.

Les champs de canne et les broussailles s’embrasent facilement. La Guadeloupe est particulièrement menacée.

« Toute la Guadeloupe est menacée, hormis les zones vertes aujourd’hui ; mais on n’est pas sûrs que ça reste comme ça. Les feux de canne nous posent de gros soucis aussi ; nous avons de grosses superficies cannières et, là aussi, on se rend compte que c’est un risque fort sur lequel nous devons lutter. »

Lieutenant-Colonel Fabrice Royes, chef du groupement territorial est du SDIS Guadeloupe

Alors, faire respecter l’obligation légale de débroussaillement s’impose. Il s’agit d’un rituel que de nombreux propriétaires de terrains à risque doivent prendre au sérieux, désormais. Ces zones tampons débroussaillées permettent de créer un sas entre les massifs et les maisons, infranchissable par les flammes, selon l’effet escompté.

« C’est vraiment à titre préventif et ça permettra, en cas de déclenchement de ce type de feu, de limiter les effets sur les biens, les personnes et les animaux. »

Commandant Huber Materna, chef du centre de traitement d’alerte au SDIS Guadeloupe

La détection satellitaire pour plus de réactivités des services

Compte tenu de l’aggravation de la situation, les autorités cherchent à accélérer la détection des incendies, pour intervenir au plus vite. Sous l’impulsion du préfet, de la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL) et d’autres partenaires, des capteurs gérés par satellites seront déployés dans différentes zones de la Guadeloupe, pour réduire drastiquement le temps d’alerte aux services de secours.

« De manière à pouvoir travailler sur la mise en place, de manière interservices (puisque nous travaillons avec la DEAL, l’ONF, le Parc national et tous les autres partenaires), mesurer et adapter notre réponse opérationnelle, mais aussi, avant tout, quantifier nos besoins. »

Lieutenant-Colonel Fabrice Royes, chef du groupement territorial est du SDIS Guadeloupe

En 2025, 432 interventions pour feu de broussailles ont été relevées, dont 103 concernant des champs de canne. Cette année, sur les 7 premiers mois de l’année, 590 interventions sont déjà recensées pour feu de broussailles (+36,57%) et 122 feux de canne (+15,57%).

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