Études en France : plus de 1 400 étudiants guinéens admis dans les universités Françaises, un record depuis 2007

Une rencontre d’échanges et d’informations a réuni ce samedi 18 juillet à Conakry, les étudiants guinéens admis en France pour la rentrée universitaire 2026 et les cadres en charge du projet Simandou. Organisée par l’Institut Français de Guinée, à travers Campus France Guinée, cette rencontre visait à préparer leur départ tout en les sensibilisant sur leur rôle dans le développement futur du pays.


Présidée par le Premier ministre, Amadou Oury Bah, la rencontre s’est déroulée en présence du ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, le président du Conseil d’administration de la Compagnie du Transguinéen, Mamoudou Nagnalen Barry, ainsi que l’ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone, Jean-Luc Briard.
Dans son discours, l’ambassadeur de France a félicité les étudiants pour leur admission dans les universités françaises avant d’insister sur les défis qui les attendent, aussi bien à leur arrivée qu’à leur retour en Guinée.


« Félicitations d’avoir été acceptés dans nos excellentes universités. Nous sommes vraiment ici pour vous accompagner, pour amortir le choc du départ, parce qu’il y aura un petit choc au départ. L’accueil en France n’est pas celui de la Guinée », a-t-il déclaré.
Jean-Luc Briard a également évoqué le « choc du retour », estimant que certains étudiants connaîtront une première expérience professionnelle en France avant de revenir dans leur pays. Selon lui, cette mobilité doit être pensée comme un aller-retour bénéfique aux deux nations.
Se disant fier que la France demeure « le premier pays d’accueil des étudiants et chercheurs guinéens à travers le monde », le diplomate français a rappelé que la Guinée avait investi dans la formation de ces jeunes depuis leur parcours scolaire. « Vous partez via Campus France, et il faudra revenir pour nourrir ce que la Guinée a investi en vous, parce qu’évidemment, il y a eu, jusqu’au bac, un enorme investissement consenti par les autorités guinéennes (…). Soyez fiers du chemin qui s’ouvre devant vous, et gardez toujours un œil tourné vers la Guinée, car c’est là que votre avenir, comme celui du pays, se jouera pleinement », a-t-il exhorté.

Une orientation à repenser dès le collège

Pour le responsable de Campus France Guinée, Dr Amara Diawara, cette rencontre dépasse la simple préparation au départ des étudiants. Elle s’inscrit dans une réflexion globale sur la formation du capital humain.


Selon lui, le parcours d’un étudiant « ne commence pas lorsqu’il ouvre un dossier sur la plateforme Études en France », mais dès la petite enfance, avant de se construire progressivement au primaire, au collège et au lycée.
Il a souligné que Campus France ne reçoit pas uniquement des dossiers académiques, mais « des trajectoires faites d’apprentissages, d’opportunités et de rencontres, mais aussi parfois d’un déficit d’information, d’orientation ou de vocation ».
Face à ce constat, Dr Diawara estime que l’orientation scolaire doit débuter beaucoup plus tôt.
« Une vocation ne se décrète pas à 18 ans, elle se découvre, se nourrit et se construit », a-t-il insisté, plaidant pour que les jeunes rencontrent davantage de professionnels, découvrent les sciences, les technologies et comprennent les besoins futurs de l’économie guinéenne.
Le responsable de Campus France a également présenté les résultats de la campagne 2025-2026. Sur 9 500 dossiers déposés, 8 250 ont été validés et transmis aux établissements français. Au final, 1 450 étudiants guinéens ont été admis dans les établissements publics français, un record depuis l’installation de Campus France en Guinée en 2007.
Il a toutefois appelé à améliorer la qualité des candidatures, la maîtrise linguistique et la cohérence des projets d’études. Il a aussi attiré l’attention sur les inégalités entre hommes et femmes. Selon lui, les femmes ne représente que 37,4 % des admissions.
Autre préoccupation soulevée, la faible proportion d’étudiants s’orientant vers certaines filières stratégiques, notamment le numérique, les sciences du vivant, l’environnement et plusieurs formations techniques.
Concernant les visas, Dr Diawara a indiqué que 470 demandes sur 587 ont reçu un avis favorable, soit un taux de réussite de 80 %, qu’il juge encourageant.
Par ailleurs, il a invité les futurs étudiants à « ne pas rechercher uniquement un diplôme, mais une compétence avant de revenir en Guinée ».

Simandou 2040 attend les compétences guinéennes

Prenant la parole, le Président du Conseil d’Administration de la Compagnie du Transguinéen, Mamoudou Nagnalen Barry, a replacé cette rencontre dans la perspective du programme Simandou 2040.
Selon lui, la vision portée par le chef de l’État est que les 129 mégaprojets prévus dans le cadre de Simandou soient réalisés principalement par des compétences nationales.
« La vision du Chef de l’État, c’est qu’à l’horizon 2040, les 129 mégaprojets du programme Simandou puissent être exécutés, et que vous, les jeunes Guinéens, soyez les principaux acteurs de l’exécution de ce programme Simandou 2040 », a-t-il affirmé.
Il a rappelé que la phase de construction du projet a déjà généré plus de 55 000 emplois directs et qu’environ 35 000 emplois sont encore maintenus aujourd’hui.
Face aux étudiants, il a lancé un message clair : « Donc le plus important à vous dire aujourd’hui, c’est qu’il faut partir apprendre. On a besoin de vous vraiment (…). Donc soyez rassurés que ce que votre pays offre aujourd’hui, tout n’est pas parfait, mais les opportunités sont là. Et c’est vraiment en restant concentrés, connectés au pays que vous serez capables de les saisir ».

Bah Oury : « Vous ne partez pas pour faire du tourisme »

Le Premier ministre Bah Oury a replacé cette initiative dans les ambitions nationales de développement.
Il a indiqué que le gouvernement ambitionne, au cours des prochaines années, de poser les bases du développement à travers les infrastructures, l’énergie et des investissements renforcés dans l’éducation.
S’adressant directement aux futurs étudiants, il a lancé un appel à la responsabilité.


« Allez étudier sérieusement. Vous ne partez pas pour faire du tourisme. Vous allez étudier et le pays a besoin de vous », a déclaré le chef du gouvernement.
Il a également insisté sur la nécessité d’un meilleur accompagnement des étudiants guinéens à l’étranger afin qu’aucun d’eux ne soit laissé de côté.
« Nous ferons le maximum pour que les ambassades fassent le mieux des services culturels et autres pour accompagner les étudiants, pour être en mesure à tout moment d’être là pour qu’aucun d’entre eux ne se sente abandonné », a-t-il conclu.

Au cours des panels, les futurs étudiants ont eu à échanger avec des experts sur le contenu local, l’employabilité des jeunes diplômés et sur les perspectives de retour au pays.

 

Sadjo Bah

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