Guinée : la GMD règne sur la nouvelle Assemblée nationale, l’opposition face au défi de l’influence


La première législature de la Ve République guinéenne affiche un rapport de force largement favorable à la majorité. Avec 116 députés sur 147, le groupe parlementaire de la Mouvance (GMD et ses alliés ) domine l’hémicycle, tandis que les deux groupes (opposition et centriste),devront trouver les moyens de peser dans les débats.

La nouvelle Assemblée nationale de Guinée a désormais son bureau et ses groupes parlementaires. À sa tête, Dr Dansa Kourouma conserve la présidence de l’institution. Il est entouré de cinq vice-présidents : Hadja Makalé Camara, Dr Makalé Traoré, Aboubacar Sidighi Diallo, Hadja Fanta Camara et Togba Jean Kolié.

Cette composition du bureau affiche une volonté de diversité, notamment avec une présence féminine importante aux postes de responsabilité. Mais la véritable lecture politique se trouve dans la répartition des forces au sein de l’hémicycle.

Avec 116 députés, le groupe de la Mouvance représente près de 79 % des élus et dispose d’une majorité confortable pour orienter les travaux parlementaires. Dirigé par l’honorable Alhousseny Makanéra Kaké, la Mouvance bénéficie d’un poids décisif dans l’adoption des lois, la composition des commissions et l’organisation des débats.

Face à cette majorité écrasante, l’opposition s’organise autour de deux groupes. L’Alliance patriotique, avec 16 députés, est présidée par Abdoulaye Kourouma, assisté du Dr Faya Millimono. L’Alliance républicaine, qui compte 15 députés, est dirigée par Elhadj Bouna Keïta, avec Elhadj Dembo Sylla comme vice-président.

Avec 31 députés au total, les deux groupes d’opposition disposent d’une représentation minoritaire, mais peuvent jouer un rôle important à travers le contrôle parlementaire, les propositions de loi et les débats publics.

Cette nouvelle configuration pose désormais une question essentielle : la forte majorité de la GMD sera-t-elle un facteur d’efficacité institutionnelle ou un risque de déséquilibre démocratique ? La réponse dépendra de la place accordée au débat contradictoire et de la capacité de l’opposition à faire entendre sa voix.

Moussa Soumah

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