Festival Amazonie 2026 : une deuxième édition itinérante au cœur de Camopi, Cayenne, Saint-Laurent du Maroni
Pour la première fois, le festival Amazonie quitte son ancrage urbain pour s’implanter au cœur des communes de l’intérieur, et de l’Est, souvent éloignées des grandes offres culturelles. Le coup d’envoi sera donné à Ouanary, du 2 au 5 août. Les habitants entreront immédiatement dans l’expérience avec des ateliers concrets : initiation à la vidéo animée par le vidéaste Keaton et atelier peinture dirigé par Marvin Yamb, avec en ligne de mire la réalisation d’une fresque murale à l’école municipale. Une manière de laisser une empreinte durable dès les premiers jours.
Camopi, cœur vivant de la transmission
Du 6 au 10 août, le festival s’installe à Camopi, avec une dimension encore plus participative. Trois jeunes du territoire – Mathye, Roby et Viviane intégreront l’équipe et suivront l’ensemble du parcours itinérant.
Ils seront formés à la vidéo, à la communication et aux arts plastiques, incarnant pleinement l’objectif d’insertion par l’art porté par l’association. Un atelier de danse animé par Audjyan viendra compléter cette immersion artistique.
Camopi sera également un point clé avec le lancement d’une exposition itinérante qui accompagnera le festival jusqu’à Cayenne. En parallèle, une initiation au cinéma d’animation sera proposée, et les jeunes réaliseront un reportage lors de la Journée des peuples autochtones, mêlant pratique artistique et regard documentaire.
Une réflexion sur la professionnalisation artistique
Le 12 août à Montjoly, le festival propose une conférence dédiée à la danse, autour d’une question essentielle : comment se professionnaliser et accompagner les parcours artistiques, notamment chez les jeunes.
Trois artistes aux trajectoires différentes partageront leur expérience : Sunshine, Kimahty et Audjyan. Une rencontre pensée comme un espace d’échange entre professionnels, familles et passionnés.
De l’Ouest guyanais à Cayenne : un maillage territorial
Le festival poursuivra sa route à Saint-Laurent-du-Maroni du 13 au 15 août, puis à Javouhey le 16 août, avant de converger vers Cayenne pour une série de temps forts.
À Cayenne, la programmation se déploiera dans plusieurs quartiers et lieux :
- 17 août : vernissage de l’exposition « Au-delà » au Tiers-lieu artistique l’Abattis
- 18 août : rencontres artistiques à l’Abattis
- 19 au 21 août : actions dans le quartier de la Crique
- 24 au 26 août : actions au Mont Baduel
- 24 au 28 août : atelier de création musicale ouvert à tous sur inscription 0694051428
- 29 août : 21 rue Lallouette « Battle de danse » « Block Party Open Mic Odéja! »
Un projet artistique et social assumé
Pour Marvin Yamb,directeur artistique de l’association « Les Pas Mêlés », cette deuxième édition s’inscrit dans une certaine continuité tout en affirmant une vision plus engagée.
« Cette année, nous avons souhaité aller plus loin. Le festival est désormais encore plus en phase avec l’ADN de l’association Les Pas Mêlés en renforçant une dimension essentielle : l’insertion par l’art. Nous avons fait le choix de ne pas attendre que les publics qui viennent au festival, mais d’aller à leur rencontre. C’est pourquoi cette édition devient itinérante et se déploie dans des communes dont les habitants n’auraient, pour beaucoup, jamais l’occasion de se déplacer jusqu’à Cayenne pour participer à un événement culturel de cette ampleur. »
Marvin Yamb · ©directeur artistique de l’association « Les Pas Mêlés »
Au-delà de la programmation, l’objectif est clair : créer du lien et des opportunités durables.
« Au-delà de la programmation artistique, nous voulons que le Festival Amazonie soit un projet collectif qui laisse des traces sur les territoires. Chaque atelier, chaque rencontre, chaque collaboration peut devenir le point de départ d’un nouveau projet, d’un partenariat, d’un parcours d’insertion ou d’une vocation. Nous cherchons à créer des passerelles entre les communes, les quartiers, les générations, les cultures et les groupes qui composent la Guyane. En ce sens, le festival est un outil de rencontre, de transmission et de construction d’un territoire plus connecté et plus solidaire. »
Marvin Yamb
Rappeler l’ambition fondamentale du projet :
« Notre ambition est de faire émerger des artistes locaux, mais aussi d’aller à la rencontre de celles et ceux qui n’osent pas encore montrer leur travail ou qui pensent ne pas avoir leur place dans le paysage culturel. Le Festival Amazonie est là pour leur offrir un espace d’expression, une visibilité, une reconnaissance et l’opportunité de rencontrer d’autres artistes et de construire de nouveaux projets. »
Marvin Yamb
Cayenne, point d’orgue du festival
La dernière séquence du festival à Cayenne s’annonce comme un temps fort fédérateur :
« « La dernière partie du festival à Cayenne rassemblera plusieurs temps forts : des rencontres entre artistes et habitants, un vernissage, la réalisation d’une fresque murale monumentale, puis une grande célébration populaire autour d’un battle de danse et d’une block party ouverte à tous.
Cette soirée se conclura avec Odéja, une scène ouverte née d’une idée simple : redonner la parole aux habitants. Chacun peut monter sur scène pour lire un poème, interpréter une chanson, déclamer un texte, faire du slam ou partager une création. Avant chaque intervention, le public scande ensemble : « O ! Déja ! » »Marvin Yamb
Avec cette édition itinérante, le Festival Amazonie s’impose comme bien plus qu’un événement culturel : un véritable projet de territoire, ancré dans la transmission, la création et la rencontre.
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