« Fier de mettre à l’honneur la Guadeloupe » : Ciryl Gane, champion de MMA, de retour après son sacre à l’UFC
Figure incontournable du MMA français, Ciryl Gane s’est imposé parmi les meilleurs poids lourds de la planète grâce à son style technique et sa mobilité exceptionnelle.
Arrivé en Guadeloupe ce vendredi 7 août après-midi, le champion revient sur ses terres d’origine couronné de succès.
Le 14 juin dernier, il a marqué l’histoire en dominant le Brésilien Alex Pereira par KO technique lors d’une soirée exceptionnelle organisée à la Maison Blanche, à Washington, décrochant ainsi la ceinture intérimaire UFC des poids lourds.
Une entrée mémorable orchestrée sur la voix de Jomimi et les rythmes du titre « Matété a krab ».
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De passage dans le journal de 18 heures d’Isabelle Hamot ce vendredi (7 août), il se livre sur sa carrière, sa philosophie et ses racines.
Un retour avec la ceinture de champion
Le champion poids lourd revient en Guadeloupe fort d’une première historique pour le sport local, un accomplissement majeur qu’il attribue à un travail d’équipe rigoureux engagé sur le long terme :
Ça représente énormément pour moi et mon équipe. J’ai mon coach à côté de moi, Fernand Lopez, avec qui on travaille énormément depuis des années pour atteindre justement cet objectif-là. C’est vrai qu’en 2021, on l’avait atteint déjà, cet objectif. On avait ensuite fait ce fameux combat face à Francis Ngannou. Et depuis ça, on travaille corps et âme pour pouvoir retrouver cette place d’homme le plus fort du monde.
Le champion de 36 ans détaille également le déroulement de sa rencontre avec le public prévue dimanche au Cinéstar :
Je n’ai pas le programme exact, mais en tout cas, pour ma part, c’est ce que j’aime faire : l’échange et le partage humain. Donc je sais qu’il y aura pas mal d’échanges. Ça va durer deux heures, un peu plus peut-être, avec pas mal de questions-réponses et de discussions avec les fans qui seront là.
Son entrée sur le ring au son de Jomimi et sa victoire
Son entrée spectaculaire sur les notes du titre « Matété a krab » et la voix de Jomimi a fait le tour du monde, une démarche profondément ancrée dans son identité familiale :
Qu’on connaisse ou pas la culture des Antilles, je pense que c’est une chanson qui touche par la voix extraordinaire de Jomimi, qui est transcendante, et par les tambouyés qui suivent juste derrière. Au-delà de ça, pour moi, c’est aussi une partie de moi. C’est papa, je pense énormément à lui… Au caractère fort qu’ont les Guadeloupéens, cette fierté : la marche avant. C’était un peu l’état d’esprit qu’on avait. Le gwoka, c’est quelque chose que je voulais mettre depuis bien longtemps, mais j’aimais beaucoup faire plaisir aussi à mes fans. Je me disais : « Je vais mettre quelque chose d’un peu plus commercial », si je puis dire. Et cette fois-ci, j’ai voulu penser à moi. Et quand je pense à moi, je pense au gwoka. Au final, ça a eu un impact encore plus important que d’habitude.
Au moment de décrocher le titre à la Maison Blanche, la pleine conscience de créer un précédent historique est venue dans un second temps, portée par les nombreuses réactions en ligne :
Tout ça m’a ajouté un petit plus pour me galvaniser, tout simplement. C’est par la suite, sur les réseaux, que j’ai eu beaucoup de messages et que j’ai pu voir et ressentir l’ampleur. Ce n’était pas voulu, mais j’en suis vraiment très fier. Je suis fier de mettre à l’honneur la Guadeloupe, les terres de mon papa et la culture, surtout.
Le tempérament « Bon Gamin » et ses débuts dans le MMA
Surnommé « Bon Gamin » pour sa sérénité à toute épreuve, l’athlète guadeloupéen explique la différence entre son caractère naturel et la discipline mentale indispensable aux sports de combat :
Ça, c’est une qualité personnelle que j’ai depuis tout petit. À la base, on prenait ça pour du je-m’en-foutisme, ce qui pouvait déplaire parfois à la famille. Mais au final, c’était une approche un peu plus spirituelle, si je puis dire. En toute honnêteté, le travail mental qui a dû se faire, c’est pour aller chercher une détermination au-delà. J’ai toujours fait les choses par plaisir, et à un moment donné, il faut faire les choses pour autre chose.
Son parcours jusqu’à l’UFC s’est construit au fil des opportunités, depuis le basket-ball et la boxe thaïlandaise jusqu’à son arrivée décisive au MMA Factory :
Pourquoi le MMA ? Ça, c’est la vie qui l’a voulu. À un moment donné, quand je pratiquais le basket, je travaillais le samedi et le dimanche, donc je ne pouvais plus pratiquer le week-end. J’ai trouvé la trajectoire de la boxe thaï. En boxe thaï, on m’a poussé à faire de la compétition puisque j’étais doué. J’ai accepté, et au bout de trois ans, je cherchais une salle plus proche de chez moi. Je suis tombé sur le MMA Factory, la salle de Fernand Lopez. Après deux entraînements, il m’a dit : « Je veux que tu arrêtes le pied-poing, je veux que tu ne fasses que du MMA. Dans deux ans, tu seras à l’UFC ou champion de l’UFC. » On a fait mieux que ça ! Donc non, c’est une très grande fierté.
Sa leçon tirée de la défaite et la gestion de l’échec
Le revers subi face au combattant Jon Jones, l’un des plus importants de la discipline, constitue un tournant majeur dans sa carrière, devenant un levier de progression mentale fondamental :
Le combat face à Jon Jones, celui qu’on appelle le GOAT des GOAT, que tout le monde doit connaître si on s’intéresse un peu au MMA m’a marqué. On a eu une défaite, une défaite qui, personnellement, ne m’a pas fait honte parce que je n’ai pas d’ego, mais une défaite qui m’a marqué. Elle nous a obligés à passer un cap mentalement, ce qui nous a été très bénéfique au final. L’expression qui dit que c’est dans la défaite qu’on apprend le plus est une vérité. Je l’ai vécu exactement comme ça. C’est ma seule réelle défaite, et c’est d’ailleurs celle qui m’a vraiment fait passer une étape dans ma vie et ma carrière.
En vacances sur l’archipel, Ciryl Gane partage son emploi du temps entre les festivités sportives locales et son rassemblement avec les supporters :
Demain (samedi 8 août), c’est l’étape Pointe-à-Pitre/Saint-Claude. Je vais remettre un maillot et nous serons là-bas pour vivre cette fameuse étape qui est décisive. Et dimanche (9 août), on sera au Cinéstar à 18h30 pour pouvoir partager avec les Guadeloupéens.
Invité à résumer son parcours sous la forme d’un message essentiel, le combattant met en avant le rôle primordial de l’apprentissage par l’échec :
L’échec fait partie de la vie, que ce soit dans une carrière sportive ou professionnelle. Il ne faut pas avoir peur de l’échec. Il faut avoir confiance en soi et ne pas en avoir peur, parce que c’est ça qui va vous apprendre des choses et vous faire évoluer. C’est un message que tout le monde connaît déjà, mais qui est très concret pour moi.
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