France-Burkina ou l’art de rompre sans vraiment rompre

(SenePlus) – Trois semaines après l’annonce de la rupture diplomatique entre Ouagadougou et Paris, plusieurs couacs cocasses viennent brouiller la mise en scène de la rupture, révèle Le Canard Enchaîné dans son édition du 15 juillet 2026.

C’est un divorce dont les détails s’écrivent au fil des rebondissements. Officiellement actée le 26 juin par la junte burkinabé, la rupture des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France aurait dû clore tout contact administratif entre les deux capitales. Dans les faits, l’hebdomadaire satirique révèle que plusieurs épisodes viennent contredire la fermeté affichée du régime militaire.

Selon Le Canard Enchaîné, avant même la fermeture effective du service consulaire de l’ambassade française, plusieurs ministres du gouvernement militaire auraient discrètement tenté d’obtenir un visa pour la France, sans succès. Une démarche pour le moins paradoxale de la part d’un régime qui accuse Paris de nourrir des « ambitions néocoloniales affichées ».

Fait plus troublant encore : l’un des frères du président de la transition, Ibrahim Traoré, aurait quant à lui obtenu son sésame quelques semaines avant la rupture officielle, officiellement pour motif médical, suscitant l’agacement de certains diplomates du Quai d’Orsay.

Le volet logistique du dossier n’est pas en reste. Le rapatriement d’une trentaine de diplomates français, organisé via le Maroc dans la nuit du 3 au 4 juillet, aurait dû s’accompagner d’un retour symétrique des représentants burkinabés en poste à Paris. Une semaine plus tard, pourtant, le chargé d’affaires burkinabè se trouvait toujours en France, invoquant des raisons liées à la scolarité de ses enfants pour justifier son maintien sur place.

Reste la question, presque cocasse, de l’avenir des locaux diplomatiques français désormais désertés à Ouagadougou. Le Canard Enchaîné rapporte une information relayée par Jeune Afrique, selon laquelle l’antenne régionale du mouvement raëlien envisagerait de s’y installer pour y établir une représentation dédiée aux civilisations extraterrestres. Son fondateur, Claude Vorilhon, visé par une plainte pour violences sexuelles et actes de torture, pourrait y trouver un lieu propice pour poursuivre en toute discrétion ses activités controversées.

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