Gabon : 1,2 milliard d’euros d’annonces d’investissements dans la filière avicole

La consommation de viande de poulet est actuellement satisfaite à plus de 90% par des importations en provenance du Brésil et de l’Union européenne. Les autorités locales veulent interdire ces importations d’ici janvier prochain.

Au Gabon, la filière avicole poursuit son industrialisation. Le 4 mai dernier, les autorités ont conclu quatre accords d’investissement d’un montant total de plus de 775 milliards FCFA (environ 1,2 milliard d’euros) avec des partenaires locaux et internationaux.

D’après les détails relayés par l’Agence gabonaise de presse (AGP), les projets phares incluent une ferme intégrée de la firme turque Hakan Kiran Holding à Ntoum, d’une capacité de 60 000 tonnes par an, pour un investissement de 67 milliards FCFA (102 millions d’euros).

De son côté, le groupe local NJS/Avi Gabon investira 10 milliards FCFA (15 millions d’euros) dans le Woleu-Ntem pour développer une ferme et une unité de fabrication d’aliments d’une capacité de 24 000 tonnes par an.

L’Association agricole chinoise pour les échanges internationaux (CAAIE) et l’investisseur chinois Hong Kong Grove Metal Limited mobiliseront 435 milliards FCFA (663 millions d’euros) pour la construction de trois infrastructures agro-industrielles dans les provinces de l’Estuaire et de l’Ogooué-Maritime, ainsi qu’un parc agricole. De son côté, Qingdao Intelligent Poultry Investment Development Co. Ltd participera à la mise en place d’une ferme avicole intégrée d’une capacité de 45 000 tonnes par an.

L’autosuffisance en ligne de mire

Dans le pays d’Afrique centrale, ces différents projets viennent soutenir le Plan opérationnel d’urgence de la filière avicole (POUFA), adopté en février 2026, qui prévoit d’interdire les importations de poulets de chair à compter du 1er janvier 2027. Cet objectif, bien que salutaire pour le développement de la filière locale, s’accompagne néanmoins de nombreux défis.

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En effet, malgré son potentiel de croissance, la production locale reste encore embryonnaire. Selon les données de la FAO, l’offre nationale n’a pas dépassé 4 150 tonnes de viande de poulet entre 2020 et 2024. Pendant ce temps, le pays a importé en moyenne près de 74 319 tonnes de viande de poulet, pour une valeur de 92 millions de dollars (78 millions d’euros), afin de répondre à la demande croissante, notamment dans des villes comme Libreville et Port-Gentil, où le poulet constitue une source de protéines accessible

Une montée en puissance déjà amorcée

Avant ces annonces, les autorités avaient déjà lancé plusieurs initiatives et des projets privés avaient émergé afin de structurer et préparer la filière locale en amont du changement réglementaire attendu.

En mars dernier, le pays a ainsi mené une mission de travail au Sénégal afin de s’inspirer des bonnes pratiques qui ont permis au pays de la Teranga de bâtir l’une des filières les plus performantes d’Afrique de l’Ouest.

Au début du même mois, la Banque pour le commerce et l’entrepreneuriat du Gabon (BCEG) lançait un Fonds de crédit agricole à taux réduit (CATR), doté de 6,8 milliards FCFA (10,3 millions d’euros), destiné à soutenir les projets agricoles et avicoles.

Ce dispositif doit faciliter l’accès au financement des agripreneurs en associant structuration des dossiers, accompagnement technique et suivi des projets, en partenariat avec le ministère de l’Agriculture. En janvier, la BCEG avait déjà octroyé un prêt de 360 millions FCFA (environ 548 000 euros) à l’entreprise BTF Farming afin de renforcer la production locale de volaille.

En novembre 2025, le gouvernement a dévoilé un programme de formation destiné à 40 000 professionnels couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur avicole, de l’élevage de poulets de chair à la transformation et à la distribution, en passant par la production et la commercialisation des poussins d’un jour.

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