Gabon : Seulement 15 urologues pour 2 millions d’habitants, (…) – Info241 – Actualités en temps réel du Gabon, d’Afrique centrale et du monde
La santé de proximité spécialisée reste un mirage pour la grande majorité des Gabonais. Alors que le pays compte un peu plus de deux millions d’habitants, les chiffres concernant la prise en charge des pathologies de l’appareil urinaire et génital donnent le vertige. Invité à dresser l’état des lieux de sa discipline lors d’un colloque consacré à la chirurgie mini-invasive dans le cadre du programme Médical Talent, le professeur Steevy Ndang Ngou Milama a tiré la sonnette d’alarme. Selon cet agrégé en urologie, le Gabon ne dispose actuellement que d’une quinzaine de spécialistes pour couvrir l’ensemble du territoire national.
Ce déficit structurel dramatique masque une autre réalité tout aussi inquiétante : la fracture médicale béante qui isole l’intérieur du pays. Sur les quinze urologues recensés en activité au Gabon, treize exercent exclusivement dans la capitale, Libreville. Cette hyper-concentration prive de facto des provinces entières de toute expertise de proximité pour des soins souvent vitaux, laissant une grande partie de l’arrière-pays totalement abandonnée sur le plan urologique.
La relève en marche, mais lourdement freinée par la logistique
Pour tenter de répondre à ce déficit critique et inverser cette courbe alarmante, un programme de formation locale de nouveaux spécialistes a été lancé il y a deux ans au sein de la faculté de médecine. À ce jour, la relève se prépare avec dix médecins actuellement en cours de spécialisation, répartis entre sept praticiens en première année et trois en deuxième année.
Le spécialiste gabonais
Toutefois, le chemin vers une couverture médicale optimale est encore semé d’embûches. Le professeur Ndang Ngou Milama est formel : le principal obstacle au développement de la filière ne réside aucunement dans un manque de vocations chez les jeunes médecins. Le nœud du problème est profondément matériel. La formation d’un urologue requiert des moyens colossaux dont la disponibilité globale demeure insuffisante aujourd’hui, à l’instar des blocs opératoires, des équipements médicaux de pointe, des consommables chirurgicaux et d’un encadrement pratique adéquat.
###Un accompagnement des autorités attendu###
Face à cette urgence sanitaire, et tout en ne remettant pas en cause les efforts déjà consentis par les pouvoirs publics, le spécialiste plaide fermement pour un accompagnement supplémentaire. Il interpelle directement les ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé afin d’accroître les capacités de formation locales et permettre au Gabon de disposer, à terme, d’un nombre d’urologues en adéquation avec les besoins réels de sa population.
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