Guadeloupe : le sous-préfet de l’eau Théo Gal quitte ses…

Théo Gal, sous-préfet chargé de l’eau en Guadeloupe, a quitté ses fonctions en juin 2026, après deux ans sur un mandat de trois ans. Son départ intervient juste après le congrès des élus sur l’eau, où le préfet a conditionné une aide de 14 millions d’euros.

L’essentiel

  • Fait 1 : Théo Gal a quitté ses fonctions de sous-préfet de l’eau en Guadeloupe en juin 2026, soit avant le terme de son mandat de trois ans, prévu pour février 2027.
  • Fait 2 : Il a participé au Congrès des élus de la Guadeloupe sur l’eau le 24 juin 2026 à Basse-Terre, avant un départ discret officialisé le lendemain.
  • Fait 3 : Le bilan de sa mission affiche 30 opérations lancées, 30 000 fuites réparées et 100 millions d’euros d’investissements de l’État, dont 60 millions pour le fonctionnement du réseau.
  • Fait 4 : Aucun successeur n’a été annoncé à ce jour, alors que l’État conditionne une aide de 14 millions d’euros pour 2026 à un engagement accru des collectivités locales.

Le sous-préfet de l’eau en Guadeloupe, Théo Gal, a discrètement plié bagages. Nommé par décret le 21 février 2024 pour une durée de trois ans, l’ingénieur territorial de 42 ans a quitté l’archipel en juin 2026, après un peu plus de deux ans de mission. Son départ a été confirmé par la préfecture, mais n’a fait l’objet d’aucune communication officielle. Selon RCI, l’information a filtré au lendemain du Congrès des élus sur l’eau, qui s’est tenu le 24 juin à Basse-Terre.

Un départ anticipé et discret

Théo Gal avait été nommé pour coordonner la politique de l’eau et de l’assainissement dans un territoire chroniquement en crise. Son départ, sans successeur désigné, a surpris les élus locaux. « La mission n’est pas achevée », commente un participant au congrès sous couvert d’anonymat. La préfecture n’a pas communiqué les raisons précises de ce départ anticipé. Joint par nos soins, le cabinet du préfet Thierry Devimeux indique que « le sous-préfet a rempli sa mission et qu’une nouvelle organisation est à l’étude ».

Théo Gal, ingénieur en chef territorial diplômé de l’INSA Toulouse et de l’Institut National des Études Territoriales, était arrivé en Guadeloupe en février 2024 avec un objectif clair : accélérer les investissements et restaurer la confiance entre l’État et les collectivités. Mais les tensions sur le financement du service public de l’eau n’ont pas cessé.

Un bilan chiffré en demi-teinte

Le sous-préfet peut néanmoins faire valoir des résultats concrets. Sous sa supervision, l’État a investi 100 millions d’euros, dont 60 millions directement destinés au fonctionnement du réseau d’eau et d’assainissement. Trente opérations de réhabilitation ont été lancées, et 30 000 fuites ont été réparées, selon les chiffres communiqués lors du congrès.

Ces chiffres, s’ils sont significatifs, n’ont pas suffi à enrayer la dégradation du réseau. Le taux de rendement du réseau – le ratio entre l’eau produite et l’eau facturée – reste inférieur à 50 % dans plusieurs communes, un niveau alarmant qui entraîne des coupures régulières et des appels à la restriction.

La crise de l’assainissement toujours vive

Le congrès du 24 juin a été l’occasion pour le préfet Devimeux de hausser le ton. Il a conditionné le versement d’une aide exceptionnelle de 14 millions d’euros pour 2026 à un engagement financier renforcé des communes et intercommunalités. « L’État ne peut pas tout porter, les élus doivent prendre leurs responsabilités », a-t-il déclaré, cité par RCI.

Le Syndicat Mixte de Gestion de l’Eau et de l’Assainissement de la Guadeloupe (SMGEAG) accuse un déficit de fonctionnement chronique. L’aide de l’État, si elle se concrétise, ne couvrira qu’une partie des besoins. Dans ce contexte, le départ de Théo Gal, qui était l’interlocuteur privilégié des collectivités, complique la donne.

Contexte dans la Guadeloupe

L’archipel de 384 000 habitants fait face à une crise de l’eau récurrente, liée à la vétusté des infrastructures, à la porosité des sols volcaniques et à un climat tropical qui alterne sécheresse et fortes pluies. Le réseau compte plus de 3 000 kilomètres de canalisations, dont une partie date des années 1970. Les fuites y sont estimées à près de 70 % du volume distribué dans certains secteurs.

Cette situation n’est pas unique en France. Dans le Haut-Rhin, la sécheresse a conduit la préfecture à durcir les restrictions d’eau, tandis qu’en Dordogne, la canicule prolonge la vigilance rouge. Mais en Guadeloupe, la structure même du réseau rend les progrès plus lents.

Le poste de sous-préfet de l’eau avait été créé dans l’urgence en 2024, après une série de coupures et de scandales liés à la qualité de l’eau. Théo Gal était le premier à l’occuper. Son successeur n’a toujours pas été nommé, ce qui suscite des interrogations sur la continuité de la politique publique.

Prochaine étape : l’État attend des élus

Le prochain rendez-vous est fixé au conseil d’administration du SMGEAG, prévu mi-juillet. Les élus devront y voter leur contribution au budget 2026. Sans accord, l’aide de 14 millions d’euros pourrait ne pas être versée. L’absence de sous-préfet de l’eau complique la médiation entre les parties.

La préfecture assure que « des discussions sont en cours pour une nouvelle nomination dans les semaines à venir ». En attendant, la Guadeloupe reste sans pilote dédié à la question la plus urgente de son territoire : l’accès à une eau potable et en continu.

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