Orpaillage illégal en Guyane : 428 sites démantelés depuis…

L’opération Harpie, menée par les FAG et la gendarmerie, a détruit plus de 3 500 carbets et infligé un préjudice de 62 millions d’euros aux réseaux criminels.

Près de 300 militaires et gendarmes sont déployés chaque jour en forêt guyanaise. Depuis janvier 2026, le bilan intermédiaire de l’opération Harpie est lourd 428 sites clandestins neutralisés, des tonnes de matériel saisies et un préjudice estimé à 62 millions d’euros.

L’essentiel

  • 428 sites d’orpaillage clandestin démantelés depuis janvier 2026 dans l’Ouest guyanais.
  • 3 500 carbets détruits, soit un préjudice financier de 62 millions d’euros pour les réseaux.
  • Près de 300 militaires et gendarmes mobilisés chaque jour sous l’autorité du préfet Antoine Poussier.
  • Les saisies incluent 965 motopompes, 130 000 litres de carburant et 57 kg de mercure.

La lutte contre l’orpaillage illégal en Guyane connaît une intensité inédite en 2026. Selon le dernier bilan des Forces armées en Guyane (FAG) et de la gendarmerie nationale, transmis par l’État-major, les opérations Harpie ont permis la destruction de 428 sites d’exploitation clandestine et de plus de 3 500 carbets dans l’Ouest du département, principalement sur les secteurs de Saint-Jean d’Abounami, du massif Lucifer et du bassin de l’Inini.

Des moyens humains et matériels déployés en continu

Près de 300 hommes, militaires et gendarmes confondus, sont engagés quotidiennement sous la direction du préfet Antoine Poussier. Les forces de l’ordre progressent en forêt, souvent par hélicoptère ou par voie fluviale, pour démanteler les camps de garimpeiros (orpailleurs illégaux).

Le matériel saisi ou détruit depuis janvier est considérable : 965 motopompes, 222 appareils télécoms (dont des terminaux Starlink), 130 000 litres de carburant, 57 kilogrammes de mercure, 46 armes, ainsi que 8 puits et 2 galeries souterraines. L’État-major estime le préjudice financier infligé aux réseaux criminels à plus de 62 millions d’euros.

Le 1er juin dernier, une pirogue logistique transportant du carburant et du matériel a été interceptée par la gendarmerie maritime sur le fleuve Approuague, illustrant la pression maintenue sur les voies d’approvisionnement.

Contexte dans la Guyane

Avec 84 000 km² de forêt amazonienne, la Guyane est un territoire particulièrement exposé à l’orpaillage illégal. Ce phénomène, alimenté par des réseaux criminels venus du Brésil, du Suriname et du Guyana, cause des dégâts environnementaux majeurs (déforestation, pollution au mercure) et alimente une économie souterraine. Lancée en février 2008, l’opération interministérielle Harpie mobilise en permanence les FAG, la gendarmerie, la police et les services de l’État. Le bilan 2026 confirme une montée en puissance des moyens alloués, avec un effort particulier sur les zones les plus reculées.

Pour en savoir plus sur le quotidien des forces engagées, un article info.fr a récemment raconté l’histoire d’un major de gendarmerie et de son fils lieutenant déployés ensemble sur l’opération Harpie à l’occasion de la Fête des Pères.

Prochaine étape : maintenir la pression

Les autorités entendent poursuivre les patrouilles tout au long de l’année, avec l’objectif de réduire encore la capacité des filières. Aucun relâchement n’est envisagé, alors que la saison sèche facilite les accès en forêt. Le préfet Antoine Poussier a réaffirmé que l’État restait mobilisé pour “protéger l’environnement et faire respecter la loi dans tous les territoires de la République”.

Ce bilan intermédiaire confirme que l’opération Harpie reste un outil central de la souveraineté française en Guyane, à la croisée des enjeux écologiques, économiques et sécuritaires.

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