Guerre en RD Congo, Mali, franc CFA… Ce qu’il faut retenir de l’entretien d’Emmanuel Macron à TV5MONDE | TV5MONDE
Le président Emmanuel Macron était l’invité de TV5MONDE, France 24 et RFI en clôture du sommet Africa Forward. Dans cette interview, le chef d’État français est revenu sur sa volonté de renouveler le partenariat de la France avec l’Afrique.
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Sur les attaques au Mali et la présence militaire et sécuritaire française sur le continent
Le Niger, le Mali et le Burkina Faso n’étaient pas présents au sommet Africa Forward. Le président français est revenu sur les attaques qu’a subies le Mali. Bamako vit toujours sous la pression des groupes armés. Et les rebelles touareg du FLA, alliés au JNIM, principal groupe djihadiste, se sont emparés des villes de Kidal et Tessalit. « Je pense au peuple malien et à ce qu’il subit depuis tant d’années sous les coups de boutoir de groupes terroristes, puis de décisions qui ont été prises par les auteurs de coups d’État. La France est venue en 2013 à la demande du président malien Keïta sous François Hollande. Nos armées ont été du côté du Niger, du Burkina Faso, du Mali », a rappelé le président français.
Les relations avec ces pays sahéliens se sont tendues ensuite avec la France. Tous dirigés par des militaires souverainistes arrivés au pouvoir après des coups d’État entre 2020 et 2023, le Mali, le Burkina Faso et le Niger se sont réunis au sein de la confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES) et ils ont notamment poussé la France à retirer son armée engagée dans la lutte contre les djihadistes. Le président français n’a pas oublié. « J’en veux beaucoup à ces dirigeants. Ils ont été extrêmement offensants avec nos soldats », a réagi Emmanuel Macron.
Sous la présidence française, l’armée française s’est retirée du Sahel mais a également fermé des bases au Sénégal, à Dakar, mais également à Abidjan. Selon Emmanuel Macron, la France « a complètement repensé sa relation de paix et de sécurité avec le continent africain ». Et d’ajouter : « Quand des pays africains viennent nous voir on pense ensemble notre partenariat de sécurité; c’est ce que l’on fait au Bénin, au Ghana et dans le Golfe de Guinée notamment contre la piraterie. »
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Emmanuel Macron appelle au dialogue entre les présidents Kagame et Tshisekedi pour mettre fin au conflit dans l’Est de la RD Congo
Le président français, interrogé sur les sanctions américaines contre l’armée rwandaise, a rappelé la position française dans ce conflit. La position française se résume en quatre points pour Emmanuel Macron : « Le respect de la souveraineté congolaise, la reprise du dialogue politique avec le M23, avec toutes les parties, reprise du contrôle de la RD Congo de l’Est de la RDC et lutte contre les forces terroristes. » Le président français appelle « les deux présidents » au dialogue politique.
Le président américain Donald Trump propose à la RD Congo la sécurité contre un accès pour les États-Unis aux richesses minières du pays. Washington s’implique de plus en plus dans la région. Mais sans grand succès selon Emmanuel Macron. « Il y a un accord qui a été signé il y a quelques mois. La paix si on est honnête n’est pas encore là », a ajouté le président français. Le président français plaide pour « un dialogue efficace » et refuse de « mettre au ban le Rwanda » sinon « il y aura peu de chances que le Rwanda coopère ».
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Entre l’Afrique et la France, Emmanuel Macron plaide pour « un partenariat d’égal à égal »
Le sommet Africa Forward incarne pour Emmanuel Macron, une « réinvention » de la relation entre l’Afrique et la France. « On veut un partenariat d’égal à égal », insiste le chef de l’État français. Cette relation a ainsi selon Paris changé de nature.« C’est une relation entre la France et l’Afrique moins axée sur le sécuritaire et sur le gouvernemental. Quand on parle de culture, de sport, on parle de réinvention de cette relation », estime le président français. Emmanuel Macron et le président kényan William Ruto ont annoncé plus de 23 milliards d’investissement dans les économies du continent avec un nouveau paradigme.
Les Africains ne veulent pas d’aide au développement, comme l’a dit le président Ruto, ils veulent des investissements », rappelle Emmanuel Macron. « Les 14 milliards d’investissement français, c’est de l’argent privé, pas de l’argent public, dans tous les domaines, dans l’agriculture, dans le digital…. », décrit le chef de l’État français.
Interrogé sur le coût des études pour les étudiants africains en France, supérieur aux étudiants européens, le président français a rappelé que les études en France pour les étudiants africains coûtaient « moins cher en France qu’en Grande-Bretagne ou en Allemagne ».
Emmanuel Macron a tenu à minimiser tout rejet de la France sur le continent : « Il y en a, il faut être lucide, dans une partie de la jeunesse qui est poussée par certains activistes qu’on écoute parfois beaucoup, et quand on relaie aussi les récits qui sont faits par d’autres puissances, qui sont les vrais colonisateurs du XXIᵉ siècle et qui sont les Russes et d’autres ».
Le maintien du franc CFA reste encore un point de crispation pour les jeunesses africaines. Le franc CFA reste une monnaie qui conserve une parité fixe avec l’euro. Le président français a rappelé que des pays africains avaient demandé le maintien d’« une garantie » de la part de la France, tout en affirmant que « tout est sur la table ».
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Emmanuel Macron demande « un cessez-le-feu le plus rapide possible au Soudan »
L’ONU estime aujourd’hui que 33 millions de personnes, sur une population totale de 50 millions, ont besoin d’une aide humanitaire. Interrogé pour savoir si ce conflit est un génocide, le président français préfère parler de « crimes de masse » pour qualifier ce qui se produit dans le pays. « Nous appelons au cessez-le-feu le plus rapide possible et à la fin des aides extérieures », a indiqué Emmanuel Macron. « La priorité, c’est la fin des armes et du financement extérieur », estime le président français.
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