Une semaine après le lancement des inscriptions dans le département de l’Ouest, qui concentre la majorité des électeurs, près de 60 000 Haïtiens se sont enregistrés en vue des élections générales prévues entre décembre et février prochains. Un scrutin qui, s’il se tient, serait le premier organisé depuis plus de dix ans, dans un pays où près de 1,5 million de personnes ont été déplacées par les violences des groupes armés.
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Avec notre correspondant à Port-au-Prince, Peterson Luxama
En Haïti, cela fait une semaine, ce jeudi 6 août 2026, que le Conseil électoral provisoire a officiellement lancé les opérations d’inscription des électeurs dans le département de l’Ouest, qui comprend notamment Port-au-Prince, la capitale. Dans les autres départements, ces opérations ont débuté le 20 juillet.
Depuis, près de 60 000 électeurs se sont inscrits dans les différents centres ouverts à travers le pays, selon le Conseil électoral provisoire. Une mobilisation encore limitée, que le gouvernement tente d’encourager.
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Le gouvernement veut relancer la mobilisation électorale
Mardi, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé s’est lui-même présenté dans un centre d’inscription de Pétion-Ville. « Je suis venu m’inscrire, comme tout citoyen, afin de remplir mon devoir civique. La population ne demande qu’une chose : l’organisation des élections. Les citoyens veulent choisir des dirigeants élus pour conduire le pays. Le gouvernement prend donc toutes les dispositions nécessaires pour accompagner le Conseil électoral provisoire afin de rendre possible le scrutin. »
Pour de nombreux Haïtiens, ces élections sont indispensables pour mettre fin à la longue transition politique que traverse le pays. Haïti est privé de président élu depuis l’assassinat de Jovenel Moïse en 2021 et n’a plus organisé d’élections depuis 2016.
Âgée de 38 ans, Jeannette est venue s’inscrire après avoir découvert par hasard qu’un centre était ouvert près de chez elle. « J’étais venue près d’ici pour tout autre chose et j’ai constaté que les inscriptions avaient commencé. Comme j’attendais ce moment depuis longtemps, j’ai décidé de m’inscrire immédiatement. Je suis vraiment contente de voir qu’enfin les élections semblent pouvoir se tenir dans le pays. Nous aurons un président, et j’espère que cela permettra au pays de retrouver un fonctionnement normal. »
Même enthousiasme chez Jean-Baptiste. Vêtu d’un tee-shirt blanc et d’un jean délavé, cet homme d’une cinquantaine d’années espère que les élections permettront de sortir Haïti de l’impasse politique. « Toutes les démarches visant à sortir Haïti de cette crise méritent notre participation. C’est pourquoi je suis là aujourd’hui. Peu importe la personne qui sera élue à la tête du pays, elle devra prendre ses responsabilités. Elle ne doit pas gouverner pour ses intérêts personnels pendant que la population continue de souffrir. »
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Malgré les efforts du Conseil électoral provisoire pour accélérer les inscriptions, de nombreux citoyens restent sceptiques quant à la tenue effective des élections dans un pays toujours gangrené par la violence des gangs.
Le Conseil électoral provisoire lui-même a prévenu que le respect du calendrier dépendrait de « l’établissement d’un climat sécuritaire acceptable » et des financements nécessaires à la poursuite des opérations électorales. Un premier calendrier, qui prévoyait un premier tour dès le 30 août 2026, avait déjà dû être abandonné.
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