Alors qu’une odeur de vacances plane dans les airs, eux sont studieux. Une douzaine de stagiaires sont réunis dans une salle de la Maison des initiatives locales de Cayenne, les yeux rivés sur des écrans d’ordinateur. Mais passer ses journées entre quatre murs n’est pas un problème pour Sayan Bienvenu. Ici, le jeune homme de 19 ans, mordu d’informatique, a trouvé ce qui lui convient. « Je voulais faire un BTS audiovisuel, mais il fallait partir dans une école privée. Il y avait aussi une possibilité en Guadeloupe, mais il fallait trouver une entreprise pour suivre la formation en alternance. » Faute de solution, le jeune homme s’était inscrit en licence d’histoire à l’Université de Guyane. « J’aime l’histoire, mais ça ne me convenait pas. Quand cette formation a été proposée, je n’ai pas hésité. »
Une immersion dans les métiers du montage
Depuis plusieurs semaines, les stagiaires découvrent les bases du montage audiovisuel. Jusqu’au mois de novembre, ils alterneront cours théoriques, mises en pratique et périodes de stage en entreprise avant de passer un examen. A la clé : un titre professionnel délivré par le Ministère du travail. « Ils doivent savoir faire plusieurs types de montage, détaille Yohann Guglielmetti responsable de la formation : le montage de produits commerciaux, de reportages et de fictions courtes. »
Ce jour-là, c’est Loïs Ataké, l’un des cinq formateurs, qui mène les opérations. L’exercice du jour : reproduire une animation sur laquel ce professionnel de l’image a déjà travaillé. « Nous utilisons After Effects, un logiciel de la suite Adobe qui permet de faire du compositing, du motion design, de l’animation 2D et 3D ainsi que des effets spéciaux. »
Un vocabulaire technique qui ne déstabilise pas Lilian Jobiensi. « Depuis que je suis tout petit, je fais des montages sur le téléphone. J’ai toujours été intéressé par ce domaine. C’était une passion. » Comme Sayan Bienvenu, faute de formation dans le domaine en Guyane, il s’était inscrit en licence informatique. « Quand j’ai vu passer l’offre pour cette formation, je n’ai pas hésité. Pour le moment, tout me convient. » Ce qui lui plaît particulièrement ? Comprendre l’envers du décor « quand on voit un film on ne se rend pas compte de tout le travail derrière, les plans, les méthodes de construction. »
Une formation tournée vers l’emploi
Pour les stagiaires, la formation trace la voie vers un futur métier et des applications concrètes. David Forte, stagiaire également imagine déjà les débouchés professionnels mais également toutes les possibilités qui s’offrent à lui au niveau associatif. « Je pourrai divulguer le travail de l’association dont je fais partie. »
Les douze apprenants, âgés de 17 à 43 ans, présentent des profils variés. Certains ont été orientés par les Missions locales, d’autres par France Travail ou encore par le Service du développement local de la Collectivité territoriale de Guyane (CTG).
Répondre aux besoins du territoire
Cette formation s’inscrit dans le cadre du marché de formation multi-thématique mis en place par la CTG afin de répondre aux besoins des entreprises locales. « Les remontées de terrain et les besoins exprimés par plusieurs professionnels montraient que le métier de monteur audiovisuel était en tension », explique Katia Emerencienne, cheffe du pôle Orientation et Formation à la CTG.
Au total, la collectivité pilote actuellement 46 marchés de formation couvrant 19 filières différentes. « Elles vont du BTP à la logistique en passant par la vente, indique Katia Emerencienne. Ce sont des marchés qui courent sur quatre ans et nous travaillons avec les socio-professionnels afin d’ajuster l’offre aux besoins. L’offre de formation du territoire est disponible sur la plateforme Formanoo avec les dates. »
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