Un réseau de passeurs de migrants démantelé dans les Vosges, un Syrien placé en détention provisoire
Un Syrien de 36 ans a été placé en détention provisoire, jeudi 2 juillet. Il est suspecté de diriger un réseau de passeurs de migrants, les faisant transiter par la Guyane française avant qu’ils ne rejoignent la France métropolitaine.
Depuis la petite ville d’Épinal, dans les Vosges, un Syrien de 36 ans est soupçonné d’avoir dirigé un réseau de passeurs de migrants à travers le monde entier. Frédéric Nahon, procureur de la ville vosgienne, a annoncé hier le placement en détention provisoire du suspect. Le réseau s’organisait autour de trois axes : la Syrie, la Guyane française et la France métropolitaine.
La plupart des migrants se sont ensuite installés dans le Grand Est.
Un voyage autour du monde pour arriver dans les Vosges
Ce Syrien aurait fait faire le tour du globe à quelque 400 à 600 migrants pour rejoindre la France métropolitaine. Entre 2021 et 2025, l’homme est suspecté d’avoir orchestré, depuis la ville d’Épinal, un réseau de passeurs. D’après le parquet, il «faisait voyager des migrants de nationalité syrienne depuis leur pays d’origine jusqu’en Guyane française, en passant par la Turquie, le Venezuela et le Brésil». La plupart déposaient une demande d’asile à Cayenne, avant de rejoindre l’Hexagone.
Si les enquêteurs ont pu retracer ces voyages, c’est grâce à leurs investigations. En octobre 2025, un renseignement a été fourni à l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (OLTIM) de Metz, à propos d’une filière de passeurs de migrants syriens.
Le parquet d’Épinal a donc ouvert une enquête préliminaire. Les enquêteurs ont alors identifié des flux financiers vers l’étranger, et notamment vers le Brésil, via différents intermédiaires. Après ces découvertes, le magistrat a donc adressé une demande d’enquête pénale internationale aux autorités brésiliennes.
880 euros pour arriver en France
Le voyage pour arriver jusqu’en France n’était pas donné. Le suspect, placé en garde à vue lundi dernier, dirigeait une société baptisée «La Sultana Tours». À première vue, on pourrait penser à une agence de voyages, mais le fonds de commerce de cette entreprise était cependant bien différent. Cette société proposait aux candidats à l’exil de payer entre 800 et 1 000 dollars, soit près de 700 à 880 euros, pour pouvoir fouler le sol français.
Les enquêteurs, lors de leurs investigations, ont même retrouvé des «vidéos promotionnelles» de cette société sur le réseau WhatsApp, a déclaré le procureur d’Épinal.
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