« J’ai eu la chance d’échanger avec Carlo Ancelotti. » Sébastien Migné, du Pian sur Garonne, raconte sa Coupe du monde de football 2026 avec Haïti

Le bilan sportif reste donc mitigé pour les Grenadiers, éliminés dès la phase de poules avec trois défaites. Mais Sébastien Migné et ses joueurs gardent le souvenir d’une aventure exceptionnelle. « On a mené deux fois face au Maroc et des joueurs de niveau mondial comme Hakimi. On a réussi à créer l’illusion pendant presque tout le match », raconte-t-il dans un sourire. Sur le plan personnel, le technicien conserve des souvenirs gravés à jamais : « J’ai quand même eu la chance d’échanger avec Carlo Ancelotti, le sélectionneur du Brésil. Se confronter à lui, c’est génial. »

Soutien girondin

Durant toute la compétition, Sébastien Migné a également pu compter sur un soutien venu de chez lui : « J’ai reçu des messages me touchant particulièrement, comme celui d’un gamin de 16 ans de la région qui m’a apporté ses encouragements. » Le club de Langon n’a pas manqué aussi d’envoyer des preuves d’affection au sélectionneur durant cette rude épopée mondiale.

Malgré l’issue sportive difficile, le Sud-Girondin tient à remercier l’ensemble de son groupe et souligne la dimension humaine de cette aventure : « La relation historique entre la France et Haïti est complexe. Faire confiance à un sélectionneur français, ce n’est pas rien. C’est important de comprendre l’histoire d’un pays. »

Depuis juillet, Sébastien Migné a signé un contrat de quatre ans avec l’équipe nationale du Gabon : « Je retrouve des similitudes au niveau football avec Haïti dans cette équipe. » Ces contextes complexes ne lui « déplaisent » pas, bien au contraire. Le sélectionneur girondin semble même s’être fait une spécialité de ces défis : « Quand c’est compliqué, on pense à moi », s’amuse-t-il. Pour rappel, lorsqu’il a pris la tête de la sélection haïtienne, le pays traversait une crise politique grave, rendant impossible tout match à domicile en raison des conflits internes.

Une carrière éclectique

Cet ancien joueur de football de seconde division a poursuivi sa carrière dès le début des années 2000 sur les bancs de touche, devenant notamment l’entraîneur adjoint de Jean-Pierre Papin de 2006 à 2008 (RC Strasbourg/ Lens). Il s’est par la suite tourné vers le continent africain, un football pour lequel il éprouve « beaucoup d’affection ». Son parcours est notamment marqué par la qualification du Kenya à la CAN 2019.

Bien qu’il parcoure le globe, il reste attaché à sa région et à son club de cœur, les Girondins de Bordeaux : « On souffre en ce moment, mais bon… » Il n’exclut d’ailleurs pas un retour en Gironde : « Peut-être qu’un jour les Girondins de Bordeaux auront besoin d’expertise. Si mon club de cœur m’appelle, je pourrai répondre présent. » En attendant, c’est du côté des Jeunes de Langon Secton Foot (ex : Football Club du Langonnais), où évolue son fils, que le sélectionneur aime transmettre. Dès qu’il en a le temps, il vient prêter main-forte au club local.

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