« J’ai vu des enfants faire la manche » : une habitante d’Ille-et-Vilaine vient en aide aux Guinéens albinos
Rédaction Vitré
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C’est sur un thème bien spécifique et peu commun que Sandrine Le Gac, une habitante de Taillis (Ille-et-Vilaine), a jeté son dévolu. Elle a décidé de s’engager pour la protection des droits fondamentaux des Guinéens atteints d’albinisme en créant l’association Wonou Wali le 1er avril 2026.
Cette travailleuse du champ social et exerçant en tant que monitrice éducatrice, a voulu traverser les frontières afin de faire découvrir une problématique bien loin de notre quotidien. « Cette idée peut paraître déconcertante et parfois saugrenue pour certains. »
Sandrine Le Gac explique : « L’albinisme est une anomalie génétique qui affecte la pigmentation de la peau. Elle procure aux personnes atteintes une vulnérabilité physique avec une peau très sensible à la chaleur et au soleil qui leur transmet des tâches sur la peau et bien souvent des cancers. »
Discrimination et persécution
Mais ce qui a choqué davantage Sandrine, « ce sont la stigmatisation de ces personnes avec tous les préjugés que cela engendre, et qui va jusqu’à la discrimination voire à la persécution dans ces pays d’Afrique. […] En Guinée, les enfants sont souvent déscolarisés, exclus et sont poussés à la mendicité ».
Sandrine Le Gac explique la naissance de ce projet, avec notamment une scène marquante lors d’un séjour il y a 30 ans au Mali :
« J’ai découvert l’albinisme et comment étaient traitées les personnes qui en étaient atteintes. J’ai vu des enfants souffrant d’albinisme faire la manche, ils ont laissé une trace que je n’ai jamais oubliée. »
Dans l’avenir, c’est en Guinée qu’elle voudrait poser un jour ses valises. « C’est un pays découvert par hasard mais qui présente aussi un taux d’albinisme important. » En Afrique, les personnes atteintes sont victimes de barbarie ou d’agressions violentes.
D’ailleurs, ce pays est le premier au monde à avoir adopté une loi en 2021 dédiée à la protection et à la promotion des droits fondamentaux de ces personnes, et qui vise à lutter contre leur persécution. Depuis la promulgation de cette loi, la journée mondiale de l’albinisme est fixée au 13 juin.
Sandrine s’est rendue en Guinée fin 2025 pour créer des contacts et a déjà un réseau sur place. Le parrain de l’association s’appelle Yussuf, il est musicien et se produit en Guinée et dans toute l’Afrique. Son retour en France a laissé place aux démarches pour qu’enfin l’association voie le jour.
Elle conclut : « La route est encore longue, je compte organiser des événements pour faire connaître l’association. Mon rêve serait de créer un centre d’accueil en Guinée-Conakry pour ces enfants et les personnes vulnérables. »
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