« J’ai vu un jeune qui allait devenir une mule » : comment un drame familial guyanais est devenu la pièce de théâtre « Mes fils, ma sentence »
Une mère, prise entre ses deux fils, l’un policier, l’autre trafiquant de drogue. C’est le point de départ de la pièce Mes fils, ma sentence. Après une première représentation à l’Atrium de Guyane la 1ère et l’espace Ho-Ten-You, la pièce s’apprête à retrouver le public le 18 juillet sur la scène de L’Encre. Portée par l’association Entraide et Réussite, cette création écrite et mise en scène par Fernand Stephen-Fortuné s’inspire d’une réalité sociale bien connue de son auteur.
Éducateur de profession, il s’est inspiré pour cette pièce d’une situation qu’il a rencontrée. « J’ai vu un jeune qui allait devenir une mule. C’est son cousin qui l’en a empêché. » Une histoire qui lui donne envie d’interroger les fractures familiales et les choix de vie auxquels sont confrontés certains jeunes en Guyane.
« Je voulais faire un focus sur notre société, sur les difficultés des familles monoparentales et sur l’éducation donnée aux enfants. Deux enfants peuvent recevoir la même éducation, mais ils n’auront pas le même parcours ni les mêmes rencontres », résume-t-il.
Une volonté de mettre en lumière des acteurs amateurs
C’est cette réflexion qui nourrit Mes fils, ma sentence. L’histoire suit Marie-Véronique, une mère déchirée entre ses deux fils : Brahy, policier, et Grégorie, impliqué dans le trafic de drogue. Pour donner vie à ce huis clos, le metteur en scène a fait le choix de travailler avec des comédiens amateurs. « Je veux permettre à des acteurs locaux de découvrir leur propre talent et leur capacité à se produire sur scène. C’est un défi, mais c’est aussi très plaisant de voir leur évolution. »
Cette nouvelle représentation s’inscrit dans une tournée que l’auteur souhaite poursuivre. Après Rémire-Montjoly et l’Université de Guyane, des représentations sont envisagées à Kourou, Saint-Laurent-du-Maroni et même au centre pénitentiaire. À plus long terme, Fernand Stephen-Fortuné ambitionne également d’emmener la pièce en Martinique et en Guadeloupe.
Mes fils, ma sentence est la cinquième création du metteur en scène en Guyane après Dame de pique, consacrée aux hommes victimes de violences, Étrange destin, une œuvre à dimension plus spirituelle, Succulente, qui met à l’honneur les femmes rondes, ou encore Gadé mo péyi, une création sur la violence réalisée avec des jeunes de quartiers sensibles.
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