Philippe Guinchard
Publié le
Il ne sera pas à New-York ce dimanche 19 juillet 2026 pour soutenir les Bleus en finale. La faute à une demie ratée de la part de son équipe fétiche face à la Roja espagnole lors d’un 14 juillet aux airs de défaite nationale…
Pourtant, une place attendait bien Dominique Garnier (64 ans) dans les tribunes du MetLife Stadium de Long Island, l’immense enceinte du New Jersey. « Et pas une place revendue par certains pseudos supporters entre 2 500 et 10 000 dollars, hein ! Non, un ticket à 85 € que la Fédération réserve aux fans les plus fidèles de l’équipe de France. »
La fidélité, il connaît ! Depuis 1986, il ne manque quasiment plus aucune coupe du Monde. Comme l’équipe de France d’ailleurs.
« Pour le coup, je n’étais pas allé à celle de 1994, car on ne s’était pas qualifié (N.D.L.R. : suite à un France – Bulgarie de sinistre mémoire…) J’étais donc très heureux de pouvoir saisir cette seconde chance. »
Une deuxième opportunité certainement plus onéreuse que la première, tant la coalition entre la triste FIFA de Gianni Infantino et le déplorable Donald Trump a accouché d’un monstre bien loin de l’atmosphère du football qu’aime Dominique Garnier.
La fin d’une époque
« C’est clair qu’on est à des années-lumière de ma première virée à moto en Espagne en 1982. Avec mon pote de l’époque, on partait vers les stades la fleur au fusil. On rencontrait des supporters sympas, mais pas encore organisés en kop comme aujourd’hui. Les joueurs étaient encore faciles à approcher. J’en veux pour preuve ma rencontre avec Joël Bats avant la finale pour la 3e place. Il était dans le fond du bus et on m’avait laissé monter pour aller lui parler et lui demander son maillot. Maillot qu’il m’a remis en mains propres quelques semaines plus tard au Parc des Princes. »
Aux côtés des stars d’Évreux
Pourtant, même aujourd’hui, l’ex-gardien de but de l’Évreux AC parvient à franchir les impressionnants cordons de sécurité du staff tricolore pour aller à la rencontre de certains joueurs. Grâce à ses connexions au sein de la FFF, mais pas que.
« Déjà, ça fait 40 ans que les plus anciens voient ma trogne. Et puis la sécurité sait que je ne viens pas quémander un maillot ou importuner les joueurs. Je parle traditionnellement aux gardiens de but et là, aux Ébroïciens qui évoluent au sein des Bleus. »

Avec Ousmane Dembélé, Dayot Upamecano et même Brice Samba, la doublure de Mike Maignan dans les buts, ce ne sont pas moins de trois éléments de l’équipe de France 2026 qui sont passés par la formation ébroïcienne !

« Et je peux te garantir que les joueurs, ils sont contents d’échanger quelques minutes avec quelqu’un comme moi, qui est né dans le même quartier qu’eux à Évreux, assure celui qui vit désormais à Sydney, en Australie. J’ai vécu toute mon enfance au 6 rue de Chateaubriand à La Madeleine. Et Ousmane, il était au 12 ou au 14 ! Forcément, ça crée des liens et ça évoque des souvenirs communs. »
Triste atmosphère
Souvenirs qu’il a donc pu partager cette année encore lors de la World Cup américaine. Et qui lui laisseront de meilleurs souvenirs que « l’ambiance inexistante » autour de cet événement. Très loin de l’effervescence humaine habituelle autour d’une Coupe du monde.

« Que ce soit à New York, à Philadelphie ou à Boston, là où j’ai suivi l’équipe de France, il n’y avait aucune atmosphère de football là-bas. À New-York, la ville a vibré pour les basketteurs des Knicks, qui ont remporté leur premier titre NBA depuis 50 ans (1973 exactement). Par contre, personne ne savait ce qu’on faisait là ! La Coupe du monde a beau être le plus gros événement mondial avec les Jeux olympiques, le soccer (N.D.L.R. : football en américain), ça ne les intéresse pas ! Les mieux informés appelaient ça la FIFA, comme on parle de NFL ou de NBA… »
Et puis, le budget n’avait rien à voir avec ceux des premières virées au Mexique en 1986, puis en Corée en 2002, en Afrique du Sud en 2010 ou encore au Brésil en 2014.
Tout a été fait pour faire du business
Celui qui économise entre 100 et 200 € tous les mois pendant quatre ans pour vivre sa passion de fan des Bleus a eu l’occasion de s’en rendre compte à de multiples reprises.
« Là, tout a été fait pour faire du business. Les trains par exemple qui partaient vers les stades dans le New Jersey coûtaient 98 $, alors qu’en matinée, ça valait simplement 4 petits dollars ! »

Dominique Garnier va donc pouvoir faire des économies ce week-end. Faute de finale aux États-Unis, l’ancien entraîneur du Neubourg se rendra dans le sud-ouest pour assister au mariage du fils de son ami et ex-footballeur de l’EAC, Philippe Franchet.
« Je ne te cache pas que j’aurais préféré me rendre à New-York. Quelle idée d’ailleurs de se marier pendant une coupe du Monde ! En plus, il y a un dress code…

Dress code assez éloigné de sa célèbre blouse blanche, aux multiples écussons et aux signatures de vieilles gloires du ballon rond, que Dominique Garnier s’apprête à ranger pour les quatre prochaines années…
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