Depuis jeudi, la Guyane célèbre ses peuples autochtones. Neuf journées rythmées par les conférences, les cérémonies et les démonstrations de savoir-faire, organisées par la Collectivité territoriale. L’ouverture s’est faite à la Maison des cultures et des mémoires de Guyane, avec une conférence consacrée à la spiritualité chamanique, portée par le récit de vie d’Alwin Manewamo-Karwafodi. Jusqu’au 14 août, les événements se déploient sur tout le territoire, de Cayenne à Saint-Laurent-du-Maroni, d’Iracoubo à Matoury.
Cette édition met l’accent sur la transmission des savoirs et la valorisation des cultures autochtones. Conférences sur la littérature et les langues amérindiennes, ateliers de perlage, poterie, vannerie, gravure sur calebasse, démonstrations de tir à l’arc : le programme mêle réflexion et pratique, mémoire et gestes vivants.
Deux temps forts marquent symboliquement cette semaine. Le 8 août, au mémorial Moliko près de l’église d’Iracoubo, une cérémonie rend hommage aux personnes autochtones exhibées au Jardin d’acclimatation de Paris en 1882 et 1892. Le groupe Washiba Dinama du peuple Arawaka-Lokono ouvre la commémoration.
Levée du drapeau et village artisanal à Matoury
Le 9 août, journée internationale des peuples autochtones, la cérémonie d’ouverture officielle se tient au giratoire Kalifourchon à Matoury, au pied du monument Semethi. Rituel chamanique mené par Ruben Makosi et Francisco Karwafodi, levée du drapeau des peuples autochtones de Guyane en présence du groupe Warokuma, venu du village Matta au Suriname[1]. Puis, toute la journée, le village artisanal du centre culturel Kalifourchon accueille le public : ateliers de filage du coton, fabrication de flèches, restauration traditionnelle, vente d’artisanat.
À Saint-Laurent-du-Maroni, le village artistique de Paddock propose lui aussi artisanat et conférences, portés par l’association Abakani. À Iracoubo, le village Organabo organise hommage aux défunts, danses kali’na, jeux, concours de dessin corporel et restauration locale, de 8 heures à 18 heures.
Foncier, biodiversité et économie autochtone
À la Maison des cultures et des mémoires, les conférences s’enchaînent les 6 et 7 août. Le matin, littérature, transmission des langues et patrimoine sous le thème « Racine amazonienne ». Le soir, questions foncières, biodiversité, transmission des savoirs et économie autochtone. Parmi les intervenants, Jean-Philippe Chambrier évoque la genèse des 400 000 hectares destinés aux peuples autochtones, et Sylvio Van Der Pijl, représentant la communauté Arawak et président du Grand Conseil Coutumier, fait le point sur l’avancée des travaux relatifs aux cessions foncières.
Le 12 août, une journée entière est consacrée aux savoir-faire kali’na au centre Kalawachi à Kourou, avec inauguration de carbets traditionnels, ateliers, démonstrations et dégustations. Le 13 août, au musée Alexandre-Franconie à Cayenne, avant-première du documentaire « Piiyai Emali, Récit d’un piiyai », de 16 heures à 18 heures, suivie d’un débat avec le public. La journée marque aussi le lancement de la deuxième édition du concours de contes en langues autochtones « Les voix de la terre ».
Expositions permanentes au musée Alexandre-Franconie : « Entrelacs » et « Aristé, mémoire enfouie des Guyanes », accessibles en semaine. Le 9 août, levée du drapeau à 8h45 à l’Hôtel territorial, en présence des chefs coutumiers et des institutions publiques.
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