Ce salon, La Chaise à Gustave, se trouve dans Lebourgneuf. Il a ouvert il y a quatre ans, issu du partenariat d’affaires de Marie-France et du tatoueur Alexandre Laperrière. On y retrouve les coiffeuses, les barbiers et le salon de tatouage Le Studio.
Et le mercredi, il y a Émilie.
(Caroline Grégoire/Le Soleil)
Un jour, Alexandre Laperrière mentionne à son associée qu’il viendra au salon avec «Émilie qui veut venir travailler avec nous». La femme de 37 ans est trisomique et réside chez une amie de la famille d’Alexandre.
Elle est arrivée, a fait le tour du salon et a dit qu’elle commençait le lendemain. C’était il a plus de deux ans.
Elle fait maintenant partie de nous.
— Marie-France Simard
Émilie Gosselin-Corneau vient aider à passer le balai, plier les serviettes et faire le petit ménage le mercredi. Elle a bien été acceptée. Au dire de Marie-France, tout s’est placé rapidement. «Émilie est toujours souriante, de bonne humeur. Elle est toujours heureuse de venir travailler.»
Bien sûr, sa présence demande une surveillance, un peu plus de travail. Mais avec le temps, une méthode de travail s’est installée. On explique fonctionner avec des pictogrammes. «Ça se passe super bien!» renchérit Marie-France.
La bonne humeur
:quality(95)/cloudfront-us-east-1.images.arcpublishing.com/lescoopsdelinformation/2BYZMDWQHZATVCKWL33OSIEUOI.jpg)
Le mercredi apparaît être un antidote à la morosité à la Chaise à Gustave. «Un moment donné, j’ai eu une période difficile dans mon salon, raconte Marie-France. Émilie est arrivée un mercredi et ma vibe a changé. Tu ne peux pas être de mauvaise humeur avec Émilie.»
«Je veux que les gens voient la réalité de certaines personnes, c’est important, on est tous différents. On n’a pas tous la même personnalité. Même chose pour les gens trisomique», ajoute la coiffeuse.
La sécurité et le bonheur
Émilie n’a pas eu une vie facile. Sa mère est décédée. Pour Marie-France, la jeune femme mérite aujourd’hui de se sentir en sécurité, et d’avoir du beau et du bon monde avec elle.
La Chaise à Gustave lui offre tout ça. «Émilie, c’est une enfant. À Noël, quand on lui donne des cadeaux, particulièrement un calendrier d’Harry Potter, on réalise que ça prend peu pour faire plaisir. Apprécions ce que nous avons.»
Un salon qui ouvre ses portes à la différence
«Ce n’est pas parce que tu es différent que tu as une coupe moche.»
— Marie-France Simard
«Ça m’a toujours intriguée d’essayer de comprendre ce qui se passe dans leur tête, ça me fascine», lance Marie-France Simard au sujet des personnes différentes. Elle relate qu’un jour, une cliente est entrée avec son fils autiste. Elle a remarqué la mère stressée et s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire avec ça. Il faut combattre la peur de rejet et le jugement.
Elle a donc fait une publication : «Sachez que chez moi, ma porte est ouverte pour vous. Handicapés, autistes, trisomiques. Je vais prendre le temps de vous donner une belle expérience».
«Les parents coupent les cheveux de leurs enfants, ils ne savent pas où aller. Ils sont laissés à eux-mêmes. Oui, il faut prévoir plus de temps et parfois plusieurs rendez-vous.»
Quand on lui demande pourquoi, la réponse est simple : «Je le fais parce que ça me fait du bien. J’apporte les sourires à des enfants uniques. Les mères deviennent aussi clientes et elles me parlent de leur vécu.»
En conclusion, il faut réaliser notre chance d’avoir un enfant en santé, ajoute la femme d’affaires au cœur rempli d’amour.
La Chaise à Gustave et le Studio de tatouage adjacent sont aussi accessibles pour les gens à mobilité réduite. Dans les prochains mois, on nous indique que le passe-seuil sera amélioré. On retrouve aussi un grand stationnement qui facilite le transport adapté.
Tous sont les bienvenus.
Au 675, rue des Rocailles, Québec
Info : lachaiseagustave.com
Crédit: Lien source
Les commentaires sont fermés.